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Netflix et Spotify: une grande coalition culturelle demande plus de fermeté

Luc Fortin
PHOTO MARTIN ALARIE Luc Fortin

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Alors que les gouvernements fédéral et provincial sont à réformer leur politique culturelle d’ici la fin de l’année, une coalition pancanadienne d’une quarantaine d’organismes les enjoint à ne pas les laisser tomber, dans un manifeste présenté en conférence de presse jeudi.

«Uber et Airbnb se sont récemment pliés à nos règles», a lancé le président de la Guilde des musiciens et musiciennes du Québec, Luc Fortin. «Là, c’est au tour des Netflix et Spotify de ce monde de se conformer [à nos règles].»

«Nos enregistrements sonores sont aspirés par des entités internationales, qui ne contribuent pas à notre écosystème culturel», a-t-il ajouté au sujet d’un modèle d’affaires qu’il qualifie de «hors de contrôle».

Le regroupement, qui comprend un vaste éventail d’organismes aussi bien professionnels que syndicaux, demande l’appui des deux ordres de gouvernement pour se prémunir contre ces géants de l’internet. Non seulement réclame-t-on que ceux-ci soient soumis aux mêmes mesures fiscales que les compagnies canadiennes – qu’ils «paient leur juste part de taxes et d’impôts», insiste-t-on –, mais aussi au même cadre réglementaire, notamment celui du CRTC, qui vise à protéger notre industrie culturelle.

Système de redevances

La présidente de l’Union des artistes Sophie Prégent s’inquiète pour sa part du fait que ces plateformes étrangères n’offrent pas de fenêtres de diffusion suffisantes aux productions québécoises ni ne versent à celles-ci des redevances nécessaires à soutenir leurs activités. «Nous portons notre regard sur la défense des quotas de contenus canadiens et francophones et sur un système de redevances culturelles», a-t-elle fait valoir au cours de la rencontre animée par l’ancienne ministre du Parti québécois Louise Beaudoin, qui, parmi ses nombreux mandats de 1994 à 2003, a notamment été chargée du ministère de la Culture et des Communications.

De son côté, la députée du Parti québécois Agnès Maltais a demandé aux gouvernements de «prendre leurs responsabilités en réglementant les gros joueurs de la diffusion sur internet pour que nos créateurs puissent tirer leur épingle du jeu dans ce libre marché fortement anglicisé».

L’industrie de la culture et des communications génère au pays plus de 61 milliards $ de retombées, dont 14,5 milliards $ au Québec. Ainsi représente-t-elle 3,3 % du PIB du Canada et 4,4 % de celui du Québec.