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Couillard doit reculer

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Avec sa commission sur le racisme systémique, le gouvernement libéral a réussi à créer un consensus, chose qui ne lui arrive pas souvent. Le seul problème, c’est que tout le monde s’entend contre lui.

C’est presque du jamais vu. La plupart des chroniqueurs du Journal, l’éditorialiste en chef de La Presse et le directeur du Devoir tombent d’accord. C’est rare, surtout quand ça concerne l’immigration.

Chienlit

Tout le monde qui ne fait pas de partisanerie ou qui n’a pas d’intérêts corporatistes dans l’affaire se rend bien compte que le Québec n’a pas la sérénité nécessaire pour un tel exercice. Nous en sortirions encore plus divisés alors que c’est justement le contraire qu’il faut rechercher.

Québec Solidaire, seul allié politique du gouvernement, commence à prendre ses distances. Par la voix d’Amir Khadir, on s’inquiète de la décision de tenir les consultations à huis clos. Cela finira de plomber la crédibilité d’un rapport déjà attendu avec une brique et un fanal.

Ajoutons la chienlit qui envahit la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse qui doit encadrer ce processus. Les méthodes brutales de la présidente, Tamara Thermitus, sont décriées. Sa nomination partisane avait attiré les critiques de l’opposition, laquelle s’était alors fait traiter de raciste par le gouvernement. Encore.

Agissons

Les libéraux se retrouvent dans la position inverse de celle où ils se trouvaient il y a six ans, avec la commission d’enquête sur la construction dont tout le monde réclamait la tenue. Aujourd’hui, c’est le contraire. Dans les deux cas, le gouvernement persiste pour satisfaire les lobbies qui leur sont proches.

Certes, on ne peut assimiler les groupes qui luttent contre les discriminations aux puissantes forces de la construction. Justement. Servons mieux la cause qu’ils défendent en agissant dès maintenant plutôt qu’en faisant un spectacle.

Pour toutes ces raisons, Philippe Couillard doit reculer.