/lifestyle/columnists
Navigation

L’arnaque québécoise

L’arnaque québécoise
Illustration Nathalie Samson

Coup d'oeil sur cet article

En général, lorsque tu voyages beaucoup, tu aimes découvrir les autres cultures et te sentir dépaysé, mais il y a toujours un moment où ton « chez-vous » finit par te manquer. Ce sentiment est malheureusement en voie de disparition chez moi.

J’ai eu un été privilégié, je l’admets. J’ai visité quatre pays différents et suis resté assez longtemps pour avoir un aperçu de comment ça se passe ailleurs et comparer avec chez nous. Mon constat : ça fait dur, notre affaire. C’est sûr que, si on se compare aux habitants de la Corée du Nord ou du Bangladesh, ça ne va pas si mal. Mais je n’ai pas envie de me comparer à ceux qui sont en bas de l’échelle. J’ai plutôt envie de regarder vers le haut.

Le bordel sur les routes

J’ai vu de vieilles villes comme Rome et Dublin où, malgré le fait que leur centre-ville date d’un autre millénaire, la circulation se faisait facilement. En Amérique du Nord, j’ai traversé Chicago et Toronto plus rapidement à l’heure de pointe que Montréal un mardi matin.

Malgré le trafic et les bouchons, mon auto n’a jamais été complètement arrêtée. Mon GPS m’offrait constamment des routes facultatives. Wow... des options ! Un luxe auquel on n’a pas le droit à Montréal.

Lors d’un voyage de baseball qui m’a mené jusqu’en Iowa, j’ai traversé l’Ontario ainsi qu’une dizaine d’États américains et je n’ai vu de photo-radars nulle part ni de zones à 30 km/h sur de grandes artères.

On nous fait croire que c’est pour notre bien, pour notre sécurité. C’est de la pure foutaise. Ça fait très longtemps qu’il n’y a personne qui se soucie réellement de notre bien. C’est de l’arnaque pure et simple.

C’est juste la dernière invention des différents paliers gouvernementaux pour fouiller dans nos poches. Notre gouvernement est rendu l’équivalent d’un petit voyou de quartier malfamé qui trouve une façon de te faire la passe dans une ruelle mal éclairée.

Il faut savoir rêver

Me semble qu’il n’y a pas si longtemps, Montréal faisait l’envie de bien des métropoles. Dans les années 1960, on a amené une équipe de baseball majeur dans un petit stade de 12 000 personnes parce que quelqu’un y croyait. On a eu les Olympiques et, malgré le fiasco du stade, ça nous a mis sur la map des grandes villes du monde.

Tout le monde enviait notre vie nocturne et notre façon d’accueillir les gens. Le Québec était the place to be. Nos dirigeants étaient des rêveurs et ils allaient au bout de leurs idées. On est d’accord pour dire que, parmi nos politiciens présentement élus, aucun ne mérite sa statue.

Quand j’ai commencé à faire de l’hu­mour, on riait de ce qui se passait ailleurs. Aujourd’hui, on peut faire un show complet juste sur ce qui se passe ici.

Évidemment que tous les pays que j’ai visités ont leurs problèmes, surtout nos voisins du Sud avec le clown au pouvoir. Mais il y a une chose que j’ai remarquée dans tous les endroits que j’ai visités : les gens étaient fiers et souriants. Je ressentais une légèreté qui, tristement, semble être en train de disparaître ici.

J’aimerais sentir qu’on a la volonté politique de se rehausser et de faire partie des grands. J’aimerais non seulement qu’on prenne exemple sur ce qui se fait de mieux ailleurs, mais que les autres prennent exemple sur nous. Sérieux, donnez-nous juste une lueur d’espoir, parce que, pour l’instant, notre grande force au Québec, c’est qu’on est capable de rire et de pleurer en même temps.