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Perdre le Nord

GEN-ALERTE AMBER
Photo courtoisie, Sureté du Québec

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Au moment de mettre sous presse, on ne sait pas vraiment quel genre d’homme était Ugo Fredette.

On dit qu’il était bizarre, impulsif, obsessionnel...

J’imagine qu’on en saura plus sur lui au cours des prochains jours.

La fin de leur monde

Je ne veux pas banaliser les actes épouvantables commis par certains pères et certaines mères (car, oui, des mères enlèvent et tuent leurs enfants) au lendemain d’une séparation.

Rien ne justifie de tels gestes. Rien.

Je veux juste dire une chose : on sous-estime la détresse que peuvent ressentir certains parents lorsqu’ils voient leur monde s’effondrer à la suite d’une séparation.

C’est comme si une bombe atomique explosait au beau milieu de leur maison. Au beau milieu de leur cœur. Au milieu de leur âme.

Ce n’est pas la fin du monde. C’est la fin de leur monde.

Vous n’avez jamais été séparé de vos enfants ? Vous n’avez jamais eu à vous dire : « À partir d’aujourd’hui, je ne vais voir mes enfants, les êtres que j’aime le plus au monde, que deux ou trois jours par semaine ? Ou qu’un week-end sur deux ? »

Eh bien, désolé, mais vous ne pouvez pas imaginer ce que vivent les parents qui passent à travers ce genre d’épreuves.

C’est extrêmement dur. Même si c’est vous qui instiguez la séparation.

Vous pouvez vous sentir solide psychologiquement, vous pouvez être en parfaite santé mentale, vous pouvez être la personne la plus équilibrée et la plus heureuse au monde, vous ne savez pas comment vous réagiriez si, du jour au lendemain, votre douce moitié décidait de faire voler votre famille en éclat.

Un monde jetable

Je n’excuse pas les gestes posés par ces pères et ces mères.

J’essaie juste de comprendre.

Car pour prévenir, pour guérir, pour nous assurer que ça n’arrivera plus, ou que ça arrivera moins, il faut commencer par ça : comprendre.

À force de vivre dans un monde jetable, on en vient à croire qu’il est aussi facile de jeter un couple aux poubelles qu’un ordi ou un téléphone intelligent.

C’est faux.

On nous dit : « Ah, pas de problème, tu verras, les enfants sont faits forts, ils s’adaptent, ils vont passer par-dessus­­­. »

C’est faux.

On voudrait qu’un divorce soit aussi simple et aussi inoffensif qu’une rupture de contrat ou une résiliation de bail.

C’est faux.

Nous nous mentons à nous-mêmes.

Nous avons beau vivre en 2017, un divorce, une séparation demeure une épreuve extrêmement douloureuse. Surtout lorsqu’il y a des enfants en jeu.

Après le deuil, j’en suis sûr, c’est la pire expérience à vivre.

La bonne étoile

La seule solution, lorsque ça arrive, le seul Nord qui devrait nous guider, la seule boussole qu’on devrait consulter, c’est le bien-être des enfants.

Si tu mets le bien-être de tes enfants au cœur de chacune de tes décisions quand tu te sépares, tu ne peux pas te tromper.

Tu vas toujours prendre les bonnes décisions, toujours emprunter le bon chemin.

Arrête de penser à TA douleur. Arrête de penser à TES droits. Arrête de penser à TES intérêts. Arrête de te gratter le bobo et de couver des envies de vengeance.

Pense à ton enfant.

Ton enfant est la seule étoile que tu devrais suivre.

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