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Accusé d’avoir espionné sa voisine à l’aide de caméras

Kevin Leclair Boisvert
Photo collaboration spéciale, Éric Beaupré Accusé d’avoir espionné sa voisine à l’aide de caméras et d’une trappe au grenier, Kevin Leclair Boisvert est arrivé menotté vendredi au palais de justice de Drummondville. Il reviendra en cour le 10 novembre pour la suite des procédures.

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DRUMMONDVILLE | Un homme aurait profité de la construction d’un jumelé pour installer des caméras dans un ventilateur et dans un échangeur d’air, ainsi qu’une trappe au grenier, ce qui lui aurait permis d’espionner sa voisine.

Kevin Leclair Boisvert, 30 ans, est accusé d’avoir espionné sa voisine du 17 au 29 juin, à Drummondville. Celle-ci venait tout juste de déménager dans un nouveau jumelé. L’autre moitié de celui-ci était occupé par l’accusé. Ce dernier aurait profité du chantier de construction pour installer des caméras et créer un accès à l’appartement de sa voisine, par le grenier.

« Chaque jour quand je rentrais du travail, il y avait de la laine minérale par terre, tout juste sous la trappe du grenier. Puisque je venais d’emménager dans une maison neuve, j’ai demandé au contracteur si c’était normal, et il m’a répondu que c’était possible s’il y avait un courant d’air », raconte la victime, qui désire préserver son anonymat.

« J’ai aussi remarqué que mon lit n’était pas bien fait, mais je me suis dit que ce devait être mon imagination qui me jouait des tours », a-t-elle ajouté.

Kevin Leclair-Boisvert est accusé d’avoir fait un trou dans le mur mitoyen séparant sa résidence de celle de sa voisine, à la hauteur du grenier, afin de s’introduire chez elle en son absence. Il aurait fouillé sa maison et se serait étendu sur son lit.

Dans la douche

Le 29 juin, en matinée, alors qu’elle prenait une douche précédant sa dernière journée de travail avant les vacances, la dame a eu toute une surprise lorsqu’elle a aperçu un homme qui la filmait, téléphone cellulaire à la main. Elle a crié, pris une serviette et s’est lancée à sa poursuite.

Le voyeur l’a semée à l’extérieur, mais comme il s’agit d’un nouveau développement et qu’il n’y a pas de maison à proximité, elle a rapidement compris qu’il devait habiter tout près.

Un employé de la construction qui se trouvait dans la rue l’a informée que son voisin venait de rentrer précipitamment dans sa résidence.

La présumée victime a communiqué avec les policiers qui ont découvert un escabeau, une prise électrique, installée spécialement pour alimenter les caméras qui donnaient dans le logement voisin, de vieux téléphones cellulaires qui faisaient office de caméra, ainsi que le trou dans le mur mitoyen.

« Ça fait peur »

« C’est à ce moment que j’ai compris pourquoi le plafond craquait. Je n’étais pas familière avec la maison, alors je pensais que c’était normal. Dans les faits, il était dans ma maison en mon absence et dans le grenier quand j’étais là. Ça fait peur d’y penser », dit en frissonnant la femme vivant seule.

Kevin Leclair Boisvert fait face à sept chefs d’accusation, dont atteinte à la vie privée, harcèlement, introduction par effraction et méfait.

Kevin Leclair Boisvert a été confié à la Maison de thérapie Victoriaville-Arthabaska en attente des procédures judiciaires afin de lui permettre de régler des troubles psychologiques. Il devra notamment consulter une sexologue.

Elle a maintenant de la difficulté à dormir

Depuis qu’elle a découvert que son voisin l’aurait espionnée pendant des jours, la présumée victime de Kevin Leclair Boisvert fait de l’insomnie et demande à des gens de l’accompagner pendant son sommeil.

Elle a pensé déménager, mais le jumelé voisin a finalement été mis en vente.

La dame venait de s’acheter sa première maison, elle avait mis beaucoup d’efforts afin de choisir les éléments de décoration et n’avait pas envie de s’en départir. Mais elle ne pouvait pas non plus imaginer continuer de rester à côté de l’accusé.

Maison vendue

« J’avais bien hâte de l’avoir [sa maison]. Je trouvais ça plate de devoir déménager quelques jours après en avoir pris possession, mais je n’aurais pas été capable d’y rester s’il avait été là. Heureusement, sa mère est venue me voir et m’a dit qu’elle mettait son jumelé en vente. Le fait qu’il était en prison me rassurait aussi », témoigne-t-elle sous le couvert de l’anonymat.

Quelques jours plus tard, une affiche « À vendre » faisait son apparition devant la demeure. Elle y est restée jusqu’à tout récemment. Il semble que l’autre section du duplex ait trouvé preneur et qu’un nouveau voisin s’y installera.

« J’ai vu passer la mère de l’accusé, elle semblait sortir des choses de la maison », raconte-t-elle.

Même si l’épisode est chose du passé et que le trou entre les deux maisons est colmaté, la présumée victime conserve des séquelles. Elle est insomniaque et sursaute dès qu’elle entend un bruit. Elle s’est acheté deux caméras de sécurité qui sont reliées en permanence à son téléphone cellulaire, et un bâton de baseball.

Plus jamais pareil

« C’est irréel ce qui m’est arrivé. Je n’ai jamais été quelqu’un d’insécure et je n’ai jamais été super pudique, mais ça a changé. Il a violé mon intimité carrément », dit-elle, émotive.

« Il est déterminé à aller chercher de l’aide », a résumé l’avocat de l’accusé, Jasmin Laperle, sans entrer dans les détails de la cause, se contentant de préciser que son client n’avait pas plaidé coupable pour le moment.