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Doux printemps, quand reviendras-tu?

Manifestation étudiante
Photo courtoisie

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Biz, de Loco Locass, vient de publier un nouveau roman, La chaleur des mammifères, l’histoire d’un prof cynique et désabusé qui reprend goût à la vie grâce aux manifs étudiantes de 2012.

«Les jeunes se sont surpris eux-mêmes par leur solidarité, leur intelligence, leur éloquence aussi. Les pancartes n’avaient pas de fautes, les slogans étaient brillants», a dit Biz à La Presse.

«Cette grève a transformé la perception que j’avais des plus jeunes...»

L’esprit 2012 n’est pas mort

Chaque fois que j’entends des Québécois parler avec nostalgie du «beau printemps érable», je me demande si nous habitons sur la même planète.

Car moi, ce que j’ai vu, ce sont des étudiants se faire intimider par des matamores armés et masqués, des universités vandalisées, des vigiles entrant en trombe dans des classes afin d’interrompre la tenue d’un examen, des casseurs qui fracassent des vitrines, des manifestants qui jettent des bombes fumigènes dans le métro, des militants qui lancent des pierres sur des autos, des bidons d’essence laissés en guise de menace aux domiciles de deux politiciens, et des policiers débordés et à bout de nerfs qui matraquent des étudiants.

Qu’est-ce qu’il y avait de si inspirant là-dedans ?

Si Biz et ses amis s’ennuient des manifs étudiantes de 2012, ils n’ont qu’à regarder autour d’eux, ils verront que «l’esprit du printemps érable» est toujours là.

Ce sont les «antifascistes» qui se conduisent en sauvages sous prétexte que leur cause est bonne, les gauchistes qui veulent faire taire tous ceux qui ne pensent pas comme eux, les «Social Justice Warriors» qui rêvent de transformer les universités en temples de la pensée unique...

Les adeptes du multiculturalisme qui voient du racisme partout, les papes de la bien-pensance qui vantent les vertus de la censure...

Sans oublier les curés de la tolérance qui tolèrent les intolérants.

Bas les masques !

Preuve que «l’esprit 2012» est bel et bien vivant : hier, Gabriel Nadeau-Dubois, le Daniel Cohn-Bendit du printemps érable, a refusé d’appuyer une motion déposée par le PQ demandant à l’Assemblée nationale de «condamner la violence sous toutes ses formes ainsi que le port de masques lors de manifestations».

Pourquoi aurais-je appuyé cette motion ? de répondre le co-porte-parole de Québec solidaire, la Cour Supérieure elle-même refuse d’interdire le port de masques lors des manifs !

Quelle mauvaise foi...

Le PQ ne demandait pas à GND de se prononcer sur la validité juridique d’une loi interdisant le port des masques lors des manifs.

Il demandait aux partis politiques de CONDAMNER le port des masques.

Il n’était pas question de justice, mais de morale.

Êtes-vous moralement POUR ou CONTRE le port des masques dans les manifs ?

Québec Solidaire a répondu POUR.

Comme m’a dit Jonathan Trudeau à la radio hier : cette motion déposée par le leader parlementaire de l’opposition officielle Pascal Bérubé aura participé à démasquer GND et QS.

Nous savons maintenant où ils se situent.

Rien ne change

En 2012, la gauche a applaudi des intimidateurs masqués. Cinq ans plus tard, elle refuse de condamner des militants crinqués qui se cachent le visage pour mieux foutre le bordel.

Rien n’a changé.