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Règlements sur les hydrocarbures: Heurtel ouvert à des changements, les municipalités en colère

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Photo Simon Clark «Attendons le produit final avant de parler d'apocalypse pétrolière au Québec», s’est défendu le ministre de l’Environnement David Heurtel.

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Un projet de règlement sur les hydrocarbures qui permettrait des forages pétroliers à moins de 150 mètres des habitations rend furieux les municipalités alors que Québec pense déjà à jeter du lest.

«Il reste du travail à faire sur ce règlement-là. Attendons le produit final avant de parler d'apocalypse pétrolière au Québec», s’est défendu le ministre de l’Environnement David Heurtel jeudi lors de la période de questions. Le règlement relève du ministre des Ressources naturelles Pierre Arcand, qui se trouve en mission en Asie.

M. Heurtel reconnaît que les hydrocarbures sèment de l’inquiétude dans la population: «Moi-même, à chaque fois qu’on [en] parle, il y a des inquiétudes», a-t-il dit.

Le fameux règlement de 270 pages a été publié vendredi dans la gazette officielle et doit encadrer la production de pétrole et de gaz naturel sur la terre ferme et sous l’eau. Québec autorisa donc des forages marins. Il prévoit aussi une distance minimale de 40 mètres entre la tête d’un puits et la voie navigable du fleuve Saint-Laurent.

À peine déposée, le Parti québécois a tiré à boulets rouges sur cette mesure. «La vérité, c'est que le gouvernement libéral donne le Québec à vendre aux compagnies pétrolières et gazières», a lancé le député Sylvain Gaudreault.

Son collègue Alexandre Cloutier, qui craint des forages dans le lac Saint-Jean, s’en est également pris à M. Heurtel. «Il y a des permis qui ont été donnés, entre autres à Métabetchouan, à Mashteuiatsh, à Roberval. Nous, au Lac-Saint-Jean, on n'en veut pas, d'exploitation du pétrole», a-t-il dénoncé.

David Heurtel a répliqué que le règlement «n’est pas adopté».

La colère des villes

Du côté des villes et villages, on s’en prend au gouvernement Couillard, qui n’a «pas pris la peine de les consulter» alors qu’elles auront à vivre avec les forages, a dénoncé le président de la Fédération québécoise des municipalités Richard Lehoux.

«Ça ne peut pas rester comme ça», a-t-il déploré. Il ne comprend pas comment le gouvernement peut plaider pour l’acceptabilité sociale pour ensuite permettre un forage à 150 mètres d’une maison.

«Connaissez-vous quelqu’un qui accepterait ça? 150 mètres, c’est très très près», a affirmé M. Lehoux. Il croit aussi qu’il sera difficile pour les maires de faire des demandes de modification, car la période de consultation est en pleine campagne électorale.