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Un puits de gaz de schiste dans leur cour

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Des propriétaires craignent de perdre leur maison, maintenant que Québec ouvre la porte aux forages pétroliers et gaziers à 150 mètres des résidences.

« Voilà, les compagnies ont les coudées franches pour nous exproprier, maintenant », résume Irène Dupuis, du Regroupement vigilance hydrocarbures Québec.

Mme Dupuis possède 15 hectares de terre à Saint-Antoine-de-Tilly, près de Québec. La totalité de sa propriété est sous le coup d’un permis gazier. Depuis des années, elle refuse d’ouvrir sa porte aux compagnies qui lorgnent son sous-sol.

Mais Québec a déposé mercredi quatre projets de règlements qui autorisent les forages pétroliers et gaziers à 150 mètres de sa maison.

Eau potable

Et Irène Dupuis n’est pas seule puisque toute la vallée du Saint-Laurent est sous le coup de permis de recherche d’hydrocarbures, y compris Brossard, Terrebonne, Trois-Rivières et Lévis. Toute la Gaspésie est aussi concernée.

Citoyens et élus sont particulièrement inquiets des risques que pose la fracturation hydraulique sur l’eau potable. Pour protéger leurs sources, près de 300 municipalités ont réclamé une dérogation au gouvernement, en vain.

« On a tous des puits artésiens ici, on n’a pas d’aqueduc. Si la nappe phréatique est contaminée, qu’est-ce qu’on va faire ? » demande Pierre Bluteau qui vit non loin d’un puits déjà foré à Saint-Antoine-de-Lotbinière.

Fracturation hydraulique

Plusieurs études menées au Wyoming, par l’Université Duke, celle de Stanford et l’Agence américaine de protection de l’environnement, notamment, font un lien direct entre l’extraction de gaz de schiste par fracturation hydraulique et la baisse de la qualité de l’eau dans la région.

La fracturation hydraulique repose sur l’injection à haute pression d’un cocktail d’eau, de sable et de produits chimiques pour permettre l’extraction de gaz et de pétrole.

Cette technique est interdite dans plusieurs pays, dont l’Allemagne et la France, compte tenu des risques pour la santé et l’environnement. Mais « il n’y a rien dans les règlements de Québec qui exclut la fracturation », se désole M.Bluteau.

« C’est très très grave, les citoyens ont le droit à leur eau potable et on est en train de se faire voler ça », lance Mme Dupuis.