/news/currentevents
Navigation

Le Montréalais jaloux accusé du meurtre de son épouse se serait acharné sur elle

Ahmad Nehme
Photo Courtoisie L’arme du crime

Coup d'oeil sur cet article

Un Montréalais jaloux aurait tué sa femme en la poignardant à 18 reprises alors qu’elle tentait en vain de se défendre, révèle un rapport d’autopsie présenté au procès.

«Toutes les blessures au tronc, à l’exception d’une, ont atteint des organes vitaux ainsi que des vaisseaux sanguins», a témoigné la Dre Caroline Tanguay, vendredi au palais de justice de Montréal.

L’experte en pathologie judiciaire avait eu la tâche de réaliser l’autopsie du corps de Catherine De Boucherville, en juillet 2012, quelques jours après le décès de celle-ci.

«Il s’agirait d’un homicide par arme blanche dans un contexte de violence conjugale», indique le rapport d’autopsie.

Ahmad Nehme
Ahmad Nehme
Photo Courtoisie SPVM
Ahmad Nehme

 

Jalousie

Ahmad Nehme, l’époux de la victime, avait été arrêté sur place. Selon la thèse de la Couronne qui cherche une condamnation pour meurtre au premier degré, l’homme de 55 ans était convaincu à tort que sa femme le trompait.

«La victime était exaspérée, elle avait dit qu’il serait préférable que le couple se sépare. Quelques jours avant [le drame, le 5 juillet 2012], ils faisaient chambre à part», a expliqué Me Éric Côté de la Couronne à l’ouverture du procès, au début de la semaine.

Le jour fatidique, alors que Mme De Boucherville se préparait à conduire sa fille de 16 ans chez une tante, Nehme aurait fait irruption dans la pièce armé d’un couteau de chasse, dans le but de tuer sa femme.

La fille du couple, horrifiée par les cris de sa mère, a appelé le 911 en panique. Nehme a été arrêté peu après. Le fils du couple, âgé de 13 ans, a été retrouvé caché sous les couvertures dans sa chambre.

Plaie de défense

Au total, la pathologiste judiciaire a noté 18 plaies au cou, au torse, à un bras et à une main. Une des plaies au thorax était si grande que le cœur était visible et qu’une côte était coupée, a relaté la Dre Tanguay.

«Ça prend une très bonne force, une lame très aiguisée, ou les deux», a témoigné la Dre Tanguay.

Selon la preuve de la Couronne, l’arme utilisée pourrait être un couteau de chasse de marque Rapala fabriqué spécialement pour dépecer et trancher les ligaments de gibier, selon un représentant de la marque venu témoigner au procès.

«C’est pas un couteau de poche», a-t-il dit.

La pathologiste a également noté neuf plaies aux mains et au bras, qui correspondent selon elle à des plaies de défense.

«C’est quand la victime tente de se protéger, par exemple en attrapant l’arme, ou pour la retenir», a expliqué la Dre Tanguay.

Le procès, devant jury et présidé par le juge Jean-François Buffoni, se poursuit cet après-midi.