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Le mélaniejolysme

Mélanie Joly
Photo Guillaume St-Pierre

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Je ne connais pas d’exercice plus pénible que d’écouter une entrevue de Mélanie Joly. Je cherche, je cherche encore, je cherche toujours, mais non, je ne trouve pas.

La ministre du Patrimoine débite son baratin, enfile les slogans, radote sa cassette, mais se montre incapable, et je dis bien absolument incapable de répondre aux questions qu’on lui pose.

On l’écoute et on se demande : comment elle fait ? Mais hier, en entrevue avec Paul Arcand, elle s’est dépassée en multipliant les acrobaties verbales. Elle a presque inventé le mélaniejolysme.

Netflix

La chose était pourtant toute simple : est-ce que Netflix sera taxée, oui ou non ?

La réponse, c’est non.

Cette entreprise disposera donc d’un privilège par rapport à ses concurrentes dans le même domaine. On veut nous rassurer en nous disant qu’en échange, elle investira 500 millions $ pour la culture canadienne.

Mais on ne savait pas que le gouvernement acceptait désormais de déléguer ses pouvoirs culturels aux multinationales.

On a aussi compris une chose : la part réservée au « contenu francophone » sera minimale. Quelle surprise !

Le gouvernement d’un pays démocratique se couche devant une multinationale étrangère. Encore une fois, il abandonne les forces vives de son pays pour se soumettre à l’idéologie de la mondialisation.

À Ottawa, ces derniers jours, les cultures canadienne et québécoise, qui ont besoin d’infrastructures fortes pour s’épanouir en Amérique du Nord, n’ont pas reçu le soutien auquel elles avaient droit.

Dans n’importe quel pays, on jugerait sévèrement la ministre responsable du dossier.

Gênant

Mais ici, elle claironne, elle plastronne, elle fait la fière.

Mélanie Joly s’est voulue mairesse de Montréal. Elle est désormais une figure majeure du cabinet fédéral. On devine qu’elle ne s’arrêtera pas là et qu’elle se croit appelée à viser le sommet.

Mais elle nous fait immanquablement penser à cette formule de Chateaubriand : « L’ambition dont on n’a pas les talents est un crime. »