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Un sport à faire découvrir

Brooklyn Moors
Photo courtoisie La Canadienne Brooklyn Moors attire l’attention lors de ses routines.

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Les 47es Championnats du monde de gymnastique artistique sont lancés à Montréal. « Désolé pour le hockey et les sports en ville, mais on parlera de gymnastique », dixit le président de l’événement, Richard Crépin.

Trop souvent, ce sport vertigineux est escamoté et relégué aux oubliettes d’un océan à l’autre au profit du sport national. Pourtant, c’est un des sports les plus courus aux Jeux olympiques.

Cette semaine, les plus grands gymnastes de la planète sont réunis au Stade olympique. Les enjeux sont énormes. Le roi Kohei Uchimura vise une septième consécration au concours multiple, alors qu’une nouvelle reine sera nommée en l’absence de l’Américaine Simone Biles.

Près d’une trentaine de gymnastes ont débarqué dans la métropole avec une médaille des Jeux olympiques ou des Championnats du monde. C’est donc dire que la crème de la crème convoitera les 12 titres en jeu.

« C’est comme un concert rock ou l’arrivée des grandes vedettes mondiales comme Beyoncé, il faut être là pour faire partie d’un moment magique, a dit le meilleur gymnaste canadien de l’histoire, Kyle Shewfelt en entrevue avec Le Journal. La gymnas­tique n’est pas le sport le plus populaire au pays. Le hockey attire évidemment toute l’attention. Les sports d’hiver sont aussi importants. Mais il doit y avoir plus de compétition comme celle-là au Canada.

Kyle Shewfelt, <i>ex-gymnaste canadien</i>
Photo Agence QMI, Joël Lemay
Kyle Shewfelt, ex-gymnaste canadien

« Ces championnats pourront créer l’étincelle et même faire des feux d’artifice pour la visibilité du sport. Dans 10 ans, peut-être qu’on verra sur le podium un athlète qui a pris goût à la gymnastique en venant voir les championnats ici», a tenu à ajouter le vainqueur d’une médaille d’or au sol lors des Olympiques d’Athènes, en 2004. Il est le premier gymnaste de l’unifolié à avoir réussi cet exploit.

Il y a 11 ans, à Aarhus, au Danemark, il décrochait aussi le bronze dans sa routine au sol. Et trois ans plus tôt, il revenait d’Anaheim, en Californie, avec le bronze au saut et au sol.

En confiance

Avec ses trois médailles des Championnats du monde au cou, Shewfelt a passé un long moment sur l’impressionnant parterre du Stade à observer les périodes d’entraînement ce week-end. À la retraite depuis 2009, il aurait bien aimé vivre l’expérience et s’exécuter devant les partisans canadiens.

Mais il sait que les 10 mem­bres de la formation de l’unifolié sauront attirer les regards en cette année post-olympique levant le voile sur un nouveau cycle. Il place de grands espoirs dans la Néo-Écossaise Ellie Black, qui a pris le cinquième rang du concours multiple à Rio. Sans les Biles, Raisman, Mustafina et Shang à Montréal, le chemin vers la plus haute marche du podium est donc ouvert pour la Canadienne, a estimé Shewfelt.

« Les femmes ont plusieurs chances de se rendre en finale. En plus de Black, Shallon Olsen est spectaculaire au saut. Et celle dont il faut parler, c’est de la jeune Brooklyn Moors. Elle accomplit des figures extraordinaires. Quand elle performe, elle danse et interagit avec la foule. Elle attire inévitablement l’attention. »

Il fonde aussi de bons espoirs sur les Québécois René Cournoyer et Thierry Pellerin, qui sont devant un véritable test.

« Participer à des Championnats du monde chez soi, c’est unique. C’est aussi un surplus de pression, a-t-il souligné. Je suis persuadé qu’ils réussiront et qu’ils démontreront leur leadership pour le futur. »