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De quelle «violence» parlez-vous, M. Couillard?

Vers une Catalogne libre ?

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La chose devrait tomber sous le sens. Je parle ici du devoir de condamner la répression politique et violente exercée par l’Espagne contre les Catalans pour leur simple geste démocratique de vouloir voter ce dimanche dernier, 1er octobre, lors d’un référendum portant sur leur propre avenir.

Le silence complice de l’Europe retentit pourtant comme une sirène en plein désert. Idem pour le silence sélectif du gouvernement canadien.

À l’opposé, au Québec, tous les chefs de l’opposition ont condamné explicitement la répression exercée par l’État espagnol contre la Catalogne.

Seul dans son camp, le premier ministre Philippe Couillard a préféré en dire le moins possible.

Or, il en aura néanmoins dit juste assez pour laisser entendre, volontairement ou non, que les Catalans seraient eux aussi les auteurs d’une violence antidémocratique inouïe.

Comment comprendre autrement le refus de M. Couillard de nommer explicitement l’Espagne comme la véritable source de cette répression?

Comment comprendre autrement qu’il ait même osé tenter de noyer le poisson en condamnant la violence tout au long du processus référendaire en Catalogne «de quelques sources qu’elle vienne»?

Comment ça, «de quelques sources qu’elle vienne»?

L’unique «source» de cette répression est celle qui coule de l’État espagnol lui-même. Point.

Les Catalans, eux, ont SUBI cette même répression. Y compris même des personnes âgées, brutalisées par les forces policières pour avoir osé tenter de VOTER. Sans compter la confiscation de bulletins de vote et de boîtes de scrutin - une attaque frontale contre l'exercice même de la démocratie.

De quel dessin, spécifiquement, le premier ministre Couillard aurait-il besoin pour dire les choses comme elles sont et non pas, pour laisser entendre faussement que la répression et la violence viendraient aussi des Catalans?

Il y a une semaine et des poussières, Philippe Couillard s’était déjà refusé à condamner les violations grossières par l’Espagne du processus démocratique catalan.

Pis encore, il en avait même profité, comme je l’écrivais ici, pour induire les Québécois en erreur en se livrant à «une diversion partisane qui n’honore en rien son poste de premier ministre. (...) Il a brandi l’épouvantail d’une possible partition du Québec par les Autochtones si le Oui l’emportait suite à un très hypothétique référendum. Ce faisant, il a remis en question le principe de l’intégrité territoriale du Québec. Que des nostalgiques orangistes le fassent est une chose attendue. Mais qu’un premier ministre du Québec le fasse, c’est gravissime

De la part d’un premier ministre du Québec – en fait, le premier chef de gouvernement au Québec à avaliser la thèse dite partitionniste -, un tel procédé était déjà honteux.

En s’entêtant à ne pas condamner l’Espagne de manière explicite, il blâme maintenant la victime catalane au lieu de pointer celui qui l’opprime.

Ce faisant, il ajoute lourdement au portrait d’un premier ministre qui, dès que l’occasion s’offre, bascule dans la partisanerie la plus étroite au lieu de s’élever au-dessus de la mêlée. Du moins, jusqu'à preuve du contraire.