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Analyse des résultats de Louis-Hébert

Analyse des résultats de Louis-Hébert
Photo Simon Clark

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Bien peu de spécialistes et de chroniqueurs prévoyaient un résultat aussi éclatant de la Coalition avenir Québec dans Louis-Hébert. Personnellement, j’entrevoyais dans ma boule de cristal une victoire caquiste à l’arraché : il n’en fut rien.

Le château fort libéral venait de tomber, ce qui a dû faire sourire un certain Sam Hamad, bien assis sur son divan dans le confort de son foyer.

Mais que s’est-il passé lundi soir? Pourquoi les électeurs de Louis-Hébert ont-ils décidé de confier un mandat à la CAQ de François Legault et pourquoi ont-ils sanctionné aussi sévèrement les libéraux de Philippe Couillard?

La CAQ l’a gagné...

Je note plusieurs éléments qui ont certainement contribué positivement à la victoire de la CAQ :

  1. La rapidité avec laquelle François Legault a agi pour remplacer son 1er candidat, Normand Sauvageau. Tel un Lucky Luke, il a tiré plus vite que son ombre ;
  2. Geneviève Guilbault, la nouvelle députée, s’est illustrée en remportant tous les débats auxquels elle a participé ;
  3. Les positions des derniers mois de la CAQ ont joué en leur faveur, notamment sur l'immigration illégale, le cannabis et Uber.                                    

La CAQ a su incarner l’alternative au parti libéral et a canalisé les votes de tous ceux qui voulaient donner une leçon à l’actuel gouvernement.

... et le PLQ l’a perdu

C’est bien connu, on vote rarement pour quelqu’un, mais bien contre. Si la CAQ l’a emporté, c’est beaucoup par la faute des libéraux eux-mêmes, notamment :

  1. Par la perception que le précédent député, Sam Hamad, a été traité injustement par Philippe Couillard ;
  2. La nomination d’Éric Tétrault comme candidat et les problèmes qui y étaient associés (j'avais écris à ce sujet) ;
  3. La commission sur le racisme systémique qui ne passe pas auprès des Québécois ;
  4. La non-gestion de la crise des migrants haïtiens irréguliers cet été ;
  5. La faiblesse de la candidate de remplacement, qui fut déclassée totalement lors des trois débats radiophoniques de la campagne ;
  6. La position de Madame El Ghernati sur le fait de prêter serment avec le visage couvert ;
  7. Il y a bel et bien eu un «anybody but Ihssane» dans Louis-Hébert. 

Sans oublier l’appel au vote en faveur de la CAQ de Nathalie Normandeau, qui aura certainement influencé quelques «bons vieux libéraux» de changer leur fusil d’épaule.

La suite des choses

Le premier ministre doit prendre acte de ce désastre. Une défaite serrée aurait fait mal, mais une dégelée de cette ampleur nécessitera une réflexion en profondeur. Philippe Couillard vivra une pression importante de ses députés de circonscriptions francophones, surtout celle de la Capitale-Nationale. Si Louis-Hébert peut tomber d’aussi haut, que penser de Chauveau, Charlesbourg, Montmorency et Vanier-Les Rivières? Les «rouges» de Chaudière-Appalaches, de la Mauricie et du 450 seront également nerveux.

Une partielle ne fait pas une élection générale, mais les signaux sont inquiétants pour le premier ministre. Il y a fort à parier que la défaite de Louis-Hébert fera rouler une tête ou deux au sein des organisateurs libéraux, ça prend un bouc émissaire. Rappelons qu'il y a quelques semaines, Jean-Louis Dufresne, le «Doug stamper» et ami d’enfance de monsieur Couillard, remettait sa démission. Le cadran n’a pas encore sonné pour le Dr Couillard, mais il devra trouver un remède pour s'ajuster à la population, à moins que son gouvernement soit déjà diagnostiqué d’un cancer incurable?