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La consultation sur le racisme systémique « a nui » au PLQ

Deux libéraux du caucus de Québec tirent cette conclusion à la suite de la défaite

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Photo Simon Clark La victoire de la caquiste Geneviève Guilbault dans Louis-Hébert, mardi soir, avec une avance de 7658 voix sur la candidate libérale Ihssane El Ghernati constitue une « belle claque sur la gueule », a réagi le député libéral Patrick Huot.

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La consultation sur le racisme systémique a nui au Parti libéral auprès des électeurs de Louis-Hébert, selon deux députés libéraux du caucus de Québec.

Une « belle claque sur la gueule », affirme le député Patrick Huot, un « coup de tonnerre », renchérit le leader parlementaire Jean-Marc Fournier : l’écrasante victoire de la CAQ lors de l’élection partielle a fait mal aux libéraux, qui assurent avoir « entendu le message » lancé par la population.

Mais quel message ? À en croire le député de Vanier-Les Rivières Patrick Huot, les questions touchant à la « discrimination » et au « racisme » font partie des critiques formulées par les citoyens de sa circonscription envers le gouvernement. « C’est des choses dont les gens nous parlent beaucoup, dit-il. Les gens ont un malaise. Ils comprennent peut-être mal où on s’en va. »

« Ça passe pas »

Même réflexion du côté du député de Portneuf, Michel Matte, qui soutient que la consultation sur le racisme systémique initiée par le gouvernement n’est pas une « priorité dans le milieu francophone » et qu’elle est mal reçue par ses commettants. « Nous, ça passe pas, a-t-il statué. En tout cas, moi, je me dis que ce n’est pas une priorité pour mon comté. Les gens, ce n’est pas de ça qu’ils me parlent, chez nous. »

Loin de critiquer la démarche entourant le racisme systémique, le ministre de la Santé Gaétan Barrette a cependant dû reconnaître que le dossier ne soulevait pas un grand engouement non plus dans sa circonscription. « Ce n’est pas un sujet dont on me parle », a confirmé l’élu de La Pinière.

Questionné en marge de la rencontre des premiers ministres à Ottawa, Philippe Couillard s’est montré « prêt à regarder comme il faut » cette consultation, tout en réitérant son importance. « Je pense qu’on peut mieux le faire peut-être que ce qui est proposé, mais on va continuer de le faire », a-t-il précisé.

Si elle refuse d’affirmer que sa consultation ait pu jouer un rôle dans cette élection, la ministre Kathleen Weil concède toutefois que le sujet soulève une « sensibilité » dans la région de Québec. « Une chose que je sais, c’est qu’il y a un enjeu de communication, je crois bien », a-t-elle commenté.

Message de changement

Pour les partis d’opposition, le message envoyé par les électeurs de Louis-Hébert en est un de changement. À la CAQ, l’élection de la candidate Geneviève Guilbault au sein de ce château-fort libéral signifie que « tout est possible ». « Si les choses restent comme elles sont actuellement, la CAQ pourrait gagner partout au Québec », a déclaré le chef François Legault.

Pour le PQ, ce scrutin témoigne de l’« effondrement libéral ». « On est dans cette phase du changement. Et la question est : qui va bien représenter le changement ? Est-ce que ça va être le Parti québécois ou la CAQ ? » a commenté le chef Jean-François Lisée.

Les libéraux réagissent

« On a eu une belle claque sur la gueule, c’est ce qu’on peut dire. Il faut prendre un certain recul [...] On va arriver avec un plan de match pour la prochaine année. »

— Patrick Huot, député de Vanier-Les Rivières

« C’est une défaite importante. C’est un message très fort de la population de Louis-Hébert. On prend acte de ce message-là. On va faire nos analyses. On va apporter des changements. »

— François Blais, ministre responsable de la Capitale-Nationale

« C’est un coup de tonnerre. Un coup de tonnerre, ça s’entend et ça s’analyse [...]. Je peux vous dire une chose : on ne va pas le banaliser. »

— Jean-Marc Fournier, leader parlementaire

« On n’est pas très heureux de la situation, c’est sûr. Mais je pense que c’est un message que la population nous envoie, qu’ils veulent qu’il y ait des choses qui changent. »

— Pierre Arcand, ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles