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Nathan Beaulieu: un nouvel homme

Nathan Beaulieu
Photo courtoisie, Bill Wippert Nathan Beaulieu fait partie du premier duo de défenseurs chez les Sabres.

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BUFFALO | À pareille date l’an dernier, il y avait de grandes attentes sur les épaules de Nathan Beaulieu. Michel Therrien l’avait choisi en début de saison comme partenaire de Shea Weber au sein du premier duo à la ligne bleue du Canadien.

Un an plus tard, Beaulieu jouera encore une fois ce rôle, mais avec le chandail des Sabres de Buffalo sur son dos et avec Rasmus Ristolainen à ses côtés.

Pour la deuxième année d’affilée, le Canadien ouvrira sa saison contre les Sabres à Buffalo, jeudi soir. Beaulieu n’aura donc pas eu à patienter très longtemps avant de renouer avec son ancienne équipe et ses anciens coéquipiers.

À la veille de cette confrontation, l’Ontarien de 24 ans n’a pas recyclé le cliché d’une rencontre comme une autre.

« Il y a toujours beaucoup d’émotion quand tu te fais échanger, a raconté Beaulieu. L’important, c’est que je demeure le joueur que cette équipe veut que je sois. Je ne dois pas essayer d’être quelqu’un que je ne suis pas. Je ne serai pas Bobby Orr demain [jeudi]. Je dois aider l’équipe à gagner et si je le fais, j’aurai accompli ma tâche. »

Certaine amertume

Le CH a jeté l’éponge avec Beaulieu, un ancien choix de premier tour (17e au total) en 2011. Marc Bergevin l’a échangé aux Sabres le 17 juin dernier contre un simple choix de 3e tour au dernier repêchage (Scott Walford). C’était une décision prévisible.

Claude Julien n’avait pas utilisé Beaulieu lors du sixième et dernier match du premier tour des séries contre les Rangers de New York, lui préférant Brandon Davidson. Quelques jours plus tard, Bergevin avait dit que son jeune défenseur était arrivé à la croisée des chemins avec le CH.

Questionné sur cette déclaration de son ancien DG, celui qu’on surnommait « Nate the Great » n’a pas voulu s’aventurer sur un terrain glissant.

« Je ne veux pas parler du commentaire de Berg (Bergevin), a-t-il répliqué. C’était ce qu’il pensait.

« Montréal fait maintenant partie du passé, a-t-il poursuivi. Je ne joue plus pour le Canadien, je joue pour les Sabres. Je ne suis pas là pour montrer à Montréal qu’ils ont fait une erreur, je suis là pour montrer à Buffalo qu’ils ont fait le bon choix. »

Housley y croit

L’an dernier, Beaulieu a servi de partenaire de Weber pour uniquement les cinq premiers matchs de la saison.

À Buffalo, le nouveau numéro 82 tentera de rester au sein du premier duo de l’équipe pour une plus longue période.

« C’est une belle occasion pour moi, a-t-il admis. Je ne veux pas voir ça comme un nouveau départ, mais comme une plus grosse occasion. Quand je repense à la dernière saison, il y a eu beaucoup de positif malgré tout, mais je ne cadrais plus dans les plans du Canadien. Tout ce que je peux faire, c’est de profiter de ma chance ici. »

À sa première saison comme entraîneur en chef avec les Sabres, Phil Housley a choisi de miser fort sur Beaulieu.

« Quand je regarde Nate, je vois un jeune homme avec une nouvelle attitude, a raconté l’ancien défenseur étoile. Il repart avec une feuille blanche devant lui. Il est positif depuis le début du camp, il travaille fort lors de nos entraînements. »

« Il patine très bien, il utilisera sa mobilité pour relancer l’attaque, a-t-il enchaîné. Je veux construire mon équipe avec un bon groupe de défenseurs. Mais Nate sait quand il peut se porter à l’attaque. Nous avons choisi de le placer dans une bonne position. C’est une opportunité pour lui. Il devra la saisir. »

À l’image des predators

Avant de partir pour Buffalo, Phil Housley a été l’un des grands architectes de la très bonne brigade de défenseurs des Predators de Nashville, où il occupait un poste d’adjoint.

« Phil m’a pris sous son aile, a mentionné Beaulieu. On essaie de pratiquer le même style que Nashville. Leurs défenseurs pouvaient tous bouger la rondelle et appuyer l’attaque. Parfois, tout ce dont tu as besoin, c’est d’un nouveau départ. »

Ristolainen, le nouveau partenaire de Beaulieu, croit aussi en ce nouveau départ.

« Je ne sais pas ce qui s’est passé pour lui à Montréal, mais il est encore jeune, a rappelé le Finlandais. Je sais qu’il souhaite rebâtir sa carrière. Il pourrait devenir un très bon défenseur pour cette organisation et pour plusieurs saisons. »

Et si c’est le cas, Bergevin regrettera longtemps cette transaction.