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Les caisses de retraite en meilleure santé

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La santé financière des régimes de retraite à prestations déterminées vient d’atteindre son plus haut niveau de solvabilité depuis 2004 alors que le ratio de solvabilité médian s’élève à 99,3 %.

À titre de comparaison, on avait frôlé la panique en 2012 alors que ledit ratio de solvabilité (calculé par la firme AON) était descendu à 69 % à la suite des répercussions de la fameuse crise financière sur les portefeuilles des régimes de retraite.

Ainsi, on parle aujourd’hui d’un spectaculaire redressement de la situation financière de ces régimes de retraite, lesquels sont reconnus pour être les plus généreux régimes de pension offerts aux travailleurs. Quelque 35 p. cent des travailleurs québécois bénéficient de cette « Cadillac » des régimes de pension offerts par les employeurs, dont tous les employés du secteur public (municipal, provincial, fédéral, sociétés d’État).

Quels avantages offrent-ils ? « Dans un régime à prestations déterminées, explique la Régie des rentes du Québec, le montant de la rente est fixé à l’avance selon une formule précise. Le montant des cotisations est fixé par un actuaire. En général, les cotisations des participants sont fixées à l’avance par le régime et l’employeur assume le solde des cotisations à verser. »

Un tel régime évite aux employés et retraités de voir leurs rentes de retraite fluctuer selon la cagnotte accumulée au gré de l’humeur des marchés financiers, comme c’est le cas avec les régimes à cotisations déterminées, les régimes volontaires d’épargne-retraite (RVER), les REER collectifs, les REER individuels.

Moitié déficitaire

Selon la firme AON, le ratio de solvabilité médian mesure la santé financière d’un régime à prestations déterminées en comparant l’actif total de celui-ci à ses engagements de retraite globaux advenant sa cessation.

À hauteur de 99,3 %, ce ratio de solvabilité médian signifie que la moitié des régimes ont suffisamment accumulé d’actif dans leurs portefeuilles pour pouvoir défrayer la totalité des rentes de retraite promises aux travailleurs, même si elle fermait boutique aujourd’hui.

Par ricochet, ledit ratio médian de 99,3 % laisse entendre, bien entendu, que la moitié des régimes sont encore en situation de déficit de solvabilité, l’actif étant insuffisant pour payer les rentes.

FACTEURS D’AMÉLIORATION

Si ça peut rassurer les travailleurs aux prises avec un régime en déficit de solvabilité, sachez qu’en 2012 et 2013 rien de moins que 97 % de tous les régimes à prestations déterminées présentaient une situation déficitaire.

C’est donc dire qu’au cours des cinq dernières années, la moitié de ces régimes ont réussi à redevenir suffisamment « solvables » pour respecter leurs engagements envers les rentes de retraite promises à leurs travailleurs.

Comment explique-t-on ce grand redressement de solvabilité ?

Comme la Banque du Canada a relevé son taux directeur, les taux obligataires ont grimpé.

Autre facteur important : les marchés boursiers ont poursuivi leur escalade à la hausse.

Mais en raison justement des niveaux record enregistrés par plusieurs indices boursiers, le risque d’une correction est redevenu élevé. Et si la correction s’avérait sévère, la solvabilité des régimes de retraite en subira de nouveau le choc.

À surveiller !