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Une boutique associée aux Hells rouvre sous surveillance

Une douzaine de policiers étaient sur place samedi pour « que tout se déroule dans l’ordre »

La Shop Support 81
Photo Catherine Montambeault Cinq voitures de police étaient stationnées devant la boutique La Shop Support 81 samedi.

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La boutique La Shop Support 81, associée aux Hells Angels, a rouvert ses portes samedi sous une surveillance policière accrue, à quelques pas seulement d’une école primaire de Mirabel.

Une douzaine de policiers de la Sûreté du Québec (SQ), de Mirabel et des escouades régionales mixtes étaient sur place à partir de l’ouverture à 10 h jusqu’en milieu d’après-midi.

« Nous étions présents pour que tout se déroule dans l’ordre. La seule arrestation à laquelle nous avons procédé était en lien avec la sécurité routière », a indiqué Hugo Fournier, porte-parole de la SQ.

Le magasin La Shop Support 81, situé sur le boulevard Saint-Canut, vend depuis l’an dernier des vêtements en soutien aux Hells Angels. Le nombre 81 représente les initiales du groupe criminalisé. Le « 8 » évoque la huitième lettre de l’alphabet, le « h », et le chiffre « 1 », la première, soit le « a ».

La boutique reprenait ses activités samedi après avoir été fermée pendant un mois pour des rénovations et un changement de propriétaire.

Des membres du club de motards Devils Ghosts ont été aperçus en train d’y entrer
Photo courtoisie
Des membres du club de motards Devils Ghosts ont été aperçus en train d’y entrer

 

Pas inquiets

Plusieurs sympathisants habillés de la tête au pied en « Support 81 » se sont présentés au commerce en matinée, selon la police. Deux membres des Devils Ghosts de Sherbrooke, un club de motards associé aux Hells, sont également allés faire une tournée de magasinage en arborant leurs couleurs.

Aucun des quelques clients qui étaient sur place lors du passage du Journal n’a accepté de répondre à nos questions, pas plus que la vendeuse qui s’occupait de la boutique.

En apprenant la réouverture de La Shop cette semaine, des citoyens ont manifesté leurs craintes à la police. Il faut dire que la boutique est située directement en face de l’école primaire Sainte-Anne.

Pourtant, les résidents du quartier rencontrés samedi par Le Journal n’étaient pas du tout inquiets.

« Je connais la personne qui est propriétaire, et elle ne fait même pas partie des Hells, elle est super fine », mentionnait Johanne Lebeau, une résidente de la rue Laurier.

« On a parlé souvent aux gens là-bas et ils sont vraiment “smattes”, renchérissait un voisin, Frédéric Comeau. Je n’ai pas de problème avec ça. »

Responsabilité sociale

Selon Pierre de Champlain, auteur et ancien analyste de renseignements à la Gendarmerie royale du Canada, les citoyens ont raison de ne pas être apeurés.

« Je ne crois pas qu’il faille craindre pour la sécurité des gens, parce que les Hells ne prendront probablement pas le risque de faire des activités illégales dans ce local-là », explique-t-il.

Un avis que partage l’ancien enquêteur de la SQ Paul Laurier, qui souligne tout de même que l’achat de vêtements « Support 81 » n’est pas non plus sans conséquences.

« C’est une boutique qui, techniquement, sert à financer les prisonniers, la défense des membres des Hells, dit-il. [...] Comme citoyen, on a une responsabilité qui vient avec nos achats. Les gens qui se procurent des vêtements là-bas encouragent le crime organisé. »

Paul Laurier<br>
<i>Ex-enquêteur de la SQ</i>
Photo Antoine Lacroix
Paul Laurier
Ex-enquêteur de la SQ

Le maire de Mirabel, Jean Bouchard, assure quant à lui que la présence de la boutique « ne fait pas [son] bonheur ».

« Par contre, tout ça relève du service de police, qui va demeurer aux aguets », dit-il.