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Trudeau à Washington: plusieurs dossiers épineux sur la table

Donald Trump et Justin Trudeau
Photo d'archives Donald Trump et Justin Trudeau

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OTTAWA | Des discussions houleuses se profilent à l’horizon pour le premier ministre Justin Trudeau à l’occasion de sa deuxième rencontre avec le président Donald Trump, mercredi à Washington.

Renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), guerre commerciale entre Boeing et Bombardier, conflit du bois d’œuvre; les pommes de discorde se sont accumulées entre les deux pays.

«Le Canada se fait agresser par les États-Unis et il ne répond pas. Il y a un changement de posture à faire», a constaté le chargé de cours à l’Université de Sherbrooke et spécialiste en droit international économique, David Pavot.

La visite du premier ministre, qui se rendra également au Mexique jeudi et vendredi, coïncide avec le début de la quatrième ronde de négociations de l’ALÉNA, en Virginie.

Les rencontres tenues depuis août ont donné lieu à peu de progrès. Les États-Unis veulent notamment avoir un meilleur accès au marché du lait canadien et augmenter le contenu américain dans l’industrie automobile. Ils souhaitent aussi abolir un mécanisme indépendant qui permet de trancher les disputes commerciales, ce à quoi le Canada s’oppose.

«Le Canada ne peut pas tout donner et ne rien recevoir», estime le spécialiste David Pavot. Ce dernier évoque la possibilité que le président Trump puisse, par son intransigeance, chercher à torpiller l’ALENA plutôt que d’en arriver à une entente.

Dans une entrevue publiée mardi par «Forbes», M. Trump a d’ailleurs réitéré ses menaces de mettre fin à l’accord. «L’ALÉNA devra être résilié si nous voulons vraiment bien faire», a-t-il soutenu.

Le cas de Bombardier

Justin Trudeau a fait savoir la semaine dernière qu’il parlerait de Bombardier avec M. Trump à la Maison-Blanche.

Après avoir déjà imposé des droits compensatoires préliminaires de 220 % à la fin septembre, le département du Commerce américain a décrété vendredi dernier une taxe antidumping de 80 % sur les appareils de la gamme CSeries du constructeur québécois.

Bombardier est visé par des plaintes de l’avionneur américain Boeing, qui lui reproche de vendre ses appareils sous les prix du marché grâce à l’aide gouvernementale qu’il a touchée.

Le gouvernement Trudeau répète depuis quelque temps qu’il y aura des «conséquences», sans préciser ses intentions.

En dépit de son opposition, Ottawa a très peu de marge de manœuvre, a souligné M. Pavot. Il souligne toutefois que le fédéral pourrait répliquer en «montrant les muscles», c’est-à-dire en ouvrant à son tour des enquêtes sur le financement étatique de Boeing, par exemple.