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Des records et une course

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Photo Martin Alarie Diane Légaré court au parc Maisonneuve cinq jours par semaine, depuis des décennies. La championne s’y concentre, loin des voitures, et loin des pistes de 400 mètres qui ont tendance à la blesser.

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Depuis près de 40 ans, Diane Légaré marque l’histoire de la course à pied ici et à travers le pays. Plutôt discrète, la coureuse ne partage pas ses exploits à gauche et à droite. On est allé à sa rencontre.

On se donne rendez-vous à «son» parc, le parc Maisonneuve, où elle court plusieurs fois par semaine depuis des décennies, le sourire tatoué au visage. Diane aime la course à pied, une passion qu’elle a découverte sur le tard.

«J’ai fait un premier 5 km à 28 ans en 1979, sous les encouragements de mon mari. J’ai terminé la course en 23 minutes et quelques... rien d’impressionnant!» me dit Diane.

«Puis, il m’a incité à participer à un demi-marathon quelques semaines plus tard. Avec un temps de 1h38, et un podium, je me suis dit que j’avais peut-être un peu de talent, et que ça valait la peine de continuer», raconte la coureuse.

Elle a continué, pendant des décennies. À 66 ans, elle persévère toujours, ayant dans la mire d’établir le record canadien chez les maîtres lors du Championnat provincial au 10 km du parc Lafontaine.

Près de 4 décennies de podium 

«Le record est de 46’18 pour les 65-69 ans...», précise Diane.

«Il y a des années, j’aurais trouvé ça tellement facile! Mais on finit tous par vieillir» ajoute la coureuse.

Son record personnel au 10 km est 10 minutes plus rapide : 35’38 à 36 ans.

À 43 ans, elle a abaissé son record personnel au 5 km à 17’08.

La Fédération d’athlétisme du Québec lui avait alors décerné le titre de la «meilleure coureuse au Québec».

«À 43 ans! La relève se faisait attendre», dit la «maître».

Ses records au 5 km, 5 miles (29’09), 15 km (55’12), 10 miles (1h01’08), 20 km (1h16’’49) perdurent, vingt ans plus tard, de même que celui au demi-marathon à 53 ans (1h22’08). Diane Légaré possède en fait 18 records canadiens toujours imbattus dont un mondial au 15 km dans le groupe d’âge 55-59 ans à 59’03.

Même à 60 ans passés, Diane pouvait finir dans le top 5 au classement général. Imaginez : 19’43 à 60 ans! La coureuse peut bien prétendre vieillir, il semblerait que le temps ait pris son temps avant d’affecter sa vitesse.

À la chasse aux records aujourd’hui

«J’ai couru auprès des grandes comme Jacqueline Gareau, puis l’autre génération avec Isabelle Ledroit et Myriam Grenon.»

Diane Légaré va courir dimanche auprès de la nouvelle génération de femmes élites, dont Arianne Raby, qui pourrait bien passer sous la barre des 35 minutes.

«Je regarde mes exploits passés, et je me demande comment j’y suis arrivée! C’est évident que je ralentis. Mais il faut que je me satisfasse d’être toujours en santé et de réussir à faire ce que je réussis à faire aujourd’hui. Beaucoup n’ont pas cette chance», dit la Montréalaise.

Diane se concentre depuis deux ans sur le 5 km, trouvant l’entraînement des plus grandes distances pénibles sur sa récupération. Son 10 km dimanche sera le premier de sa saison.

«Je suis stressée! Même si j’ai couru des centaines de courses, de toutes les distances, chaque course me stresse autant que la première», partage Diane.

Et demain?

Avez-vous hâte de passer à la catégorie des 70 ans et plus?, que je lui ai demandé. Aucune Québécoise ne s’y est imposée, jusqu’à présent. S’il y a une coureuse qui pourrait y laisser sa marque, c’est bien Diane.

«J’ai toujours eu hâte de passer à la classe d’âge suivante, mais 70 ans! Il n’est pas question d’arrêter de courir, mais peut-être me concentrer sur le plaisir seulement, sans souffrir en compétition», dit Diane.

On verra bien, une année à la fois. Comme tous les coureurs, le « pu jamais » alors qu’on pousse ses limites sur le bitume dans la souffrance pour atteindre son objectif de temps...et puis, le temps qui passe et le goût qui revient. C’est le cas depuis près de 40 ans, après tout! Bonne course dimanche, Diane!

La classique du parc La Fontaine

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Photo courtoisie

Le 14 octobre 1950, 43 coureurs ont participé à la première édition de la course qui deviendra la Classique du parc La Fontaine et la plus vieille course sur route du Québec. C’était alors le rendez-vous des meilleurs coureurs du monde qui s’affrontaient sur un «10 miles», au côté des légendes de course à pied québécoises, dont nulle autre que Gérard Côté.

Les femmes n’étaient pas encore admises. Un premier parcours leur a été proposé deux décennies plus tard : 2500 mètres. Pendant ce temps, le système métrique s’est aussi imposé, faisant passer la distance à 20 km pour les coureurs élites. Celle-ci a ensuite été revue dans les années 1990 à 10 kilomètres, afin de ne pas nuire aux commerçants près du parc qui ouvraient maintenant leurs portes le dimanche.

Ce dimanche aura lieu la 68e édition de la Classique du parc La Fontaine. Cette année s’y tiendra le Championnat provincial de 10 km sur route. Nombreux coureurs élites de tout âge s’y affronteront. À surveiller chez les femmes Arianne Raby, et chez les hommes Pier-Olivier Laflamme, Philippe Viau-Dupuis, Baghdad Rachem, David Savard-Gagnon et François Jarry. Ce devrait être tout un spectacle. 

Les records de parcours

  • Record féminin : Andrée Paquet en 2014 à 37’48
  • Record masculin : David LePorho en 2015 à 30’59