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La forge qui n'en était pas une

Avant Après
Photo courtoisie, Archives de la Ville de Montréal, VM4-14-Y-1_24-004A
Photo Pierre-Paul Poulin

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Avant les Five Roses

Il clignote en rouge tous les soirs, comme un signal rassurant. Le logo de la marque Farines Five Roses semble avoir toujours fait partie du paysage. Mais avant qu’il ne soit installé en haut de l’horizon de Montréal en 1948, c’est la minoterie Ogilvie qui avait bâti ses moulins en bordure du bassin Peel. Ce secteur était utilisé depuis longtemps pour le transbordement du grain et de la farine destinés à l’exportation, une des industries qui faisait de Montréal la métropole du Canada. Au début du XXe siècle, la Ogilvie Flour Mills Company est l’une des compagnies familiales les plus prospères au Canada et la minoterie la plus importante de l’empire britannique. Son activité remonte à 1801, près de Québec, et son installation dans l’embouchure du canal Lachine se fait dans les années 1850. En 1915, ses sept moulins peuvent produire 19 000 minots de farine par jour ! C’est cette même compagnie qui a construit l’élévateur actuel, en 1946.

Des forges pour sauver le patrimoine

Dans ce secteur industriel, on circule aujourd’hui entre des parapets de métal et des structures de béton. Ce petit bâtiment à l’allure ancienne surprend le visiteur, au détour de la rue Riverside. Il s’agit d’une ancienne station de pompage qui était fort utile pour aider la ville en période de crues printanières du fleuve. Montréal s’est retrouvée plusieurs fois les pieds dans l’eau au cours de son histoire et une inondation record a lieu en avril 1886. L’eau du fleuve monte alors jusqu’au square Victoria ! Le drame conditionne la construction, l’année suivante, de la station de pompage Mill, qu’on appellera aussi Riverside. Le bâtiment perd son utilité à la suite des aménagements de la Cité du Havre. Il est récupéré en 2000 par l’organisme des Forges de Montréal. Restaurée et réhabilitée, l’ancienne station de pompage accueille un atelier de forge où plusieurs passionnés pratiquent ce métier ancestral pour le plaisir du public.

Feu, fer, métal

Photo courtoisie, Archives de la Ville de Montréal, Fonds du service de l’approvisionnement, VM150-Y-1-2-007

L’organisme des Forges de Montréal vise à faire revivre les méthodes traditionnelles de forge et à transmettre aux générations futures un patrimoine technique et artisanal vieux de 3000 ans. Maîtriser la fabrication du métal est en effet un jalon important de l’évolution technique de l’espèce humaine. Avant les transformations de l’ère industrielle, travailler à la forge est un métier difficile, mais essentiel pour le développement d’une ville, d’une colonie ou d’une ferme. Fers à cheval, outils agricoles, serrures ou armes, tout passe dans les mains du forgeron. Dans les années 1950 et jusqu’aux années 1980, la Ville de Montréal opérait une forge dans les ateliers municipaux, coin Rosemont et Saint-Vallier. À gauche sur la photo, un homme place un ouvrage sous le pilon d’un marteau mécanique, une innovation du XIXe siècle qui accélérait grandement le travail. À droite, on distingue bien les multiples pinces et les marteaux dont se servaient les ouvriers pour la finition et pour les petites pièces.