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Découverte archéologique exceptionnelle sous l’eau

Une pirogue rare découverte par un plongeur amateur dans un lac de l’Outaouais

Cette pirogue d’une dizaine de pieds pourrait dater de l’époque du premier contact entre les Premières Nations et les Européens. Pour la préserver des curieux pendant la recherche archéologique, Le Journal ne révélera pas son emplacement exact.
PHOTO Courtoisie, Guy Caubel Cette pirogue d’une dizaine de pieds pourrait dater de l’époque du premier contact entre les Premières Nations et les Européens. Pour la préserver des curieux pendant la recherche archéologique, Le Journal ne révélera pas son emplacement exact.

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Un plongeur amateur a découvert dans un lac de l’Outaouais une pirogue d’une valeur archéologique exceptionnelle pour l’histoire du Canada.

« Je suis arrivé devant ce bout de bois tout à fait par hasard. Au début, je pensais que c’était une petite chaloupe, puis j’ai réalisé que c’était fait en un seul morceau, donc que ça pouvait avoir été fait par des Autochtones », relate le plongeur Guy Caubel.

Pour l’archéologue Roland Tremblay, qui étudie l’objet, c’est « une découverte exceptionnelle ».

Il s’agit d’une pirogue similaire à celle découverte dans le lac Gour en 1986, qui date, elle, du 15e siècle, c’est-à-dire de la période de contact entre les Premières Nations et les Européens.

Les découvertes de pirogues sont très rares. On en recense seulement 11 au Québec, et celle qu’a découverte M. Caubel est la seule qui n’ait pas été déplacée, donc qui demeure dans son contexte archéologique, explique Caroline Nantel, directrice générale du Musée québécois d’archéologie, à Pointe-du-Buisson.

C’est très précieux, car « un objet archéologique sorti de son contexte ne raconte plus rien », dit-elle. « C’est une occasion de recherche incroyable », se réjouit M. Tremblay. Les scientifiques ont donc une occasion inédite de faire avancer les connaissances et les techniques en archéologie.

Les analyses permettront de dater la pirogue Caubel et peut-être de déterminer son appartenance culturelle.

Guy Caubel, plongeur amateur
PHOTO Courtoisie, Guy Caubel
Guy Caubel, plongeur amateur

 

Conservation

Le travail devra se faire sous l’eau, car sortir la pirogue la dégraderait inévitablement, indique André Bergeron, spécialiste de la préservation des objets archéologiques au Centre de conservation du Québec.

Tant que les scientifiques sont au travail, « il ne faut absolument pas la sortir de l’eau, car le bois va littéralement s’effondrer, dit-il. Ce serait absolument catastrophique et irréversible ».

Une fois le travail archéologique terminé, on décidera s’il convient ou non de sortir l’objet du lac. M. Bergeron souligne que l’intervention d’un conservateur sera indispensable dès les premières minutes de la sortie de l’eau, pour éviter une destruction rapide.

Musée aquatique

La laisser en place est aussi une option. Dans ce cas, Michèle Gérin, directrice générale de Bleu Massawippi, prône la création d’un parcours aquatique protégé qui permettrait aux plongeurs et aux nageurs de la voir.

C’est l’option qu’a choisie son organisation pour faire connaître une importante épave retrouvée cet été dans le lac Massawippi, en Estrie. Il s’agirait de celle du Mayflower, un bateau à vapeur qui a coulé il y a 123 ans.

Pour Mme Gérin, il aurait été « irresponsable » de ne pas partager cette découverte. « Qu’est-ce que ça donne, qu’elle reste là et que personne ne la voie ? Ce serait comme de fermer la porte d’un musée », dit-elle.

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