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Des producteurs agricoles dénoncent les États-Unis

Des experts y voient plutôt « une opportunité à saisir »

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Les producteurs agricoles considèrent inadmissible la demande des États-Unis d’abolir la gestion de l’offre sur le lait, les oeufs et la volaille, un avis qui n’est pas partagé par des experts économiques.

« Ce que proposent les Américains est carrément inacceptable, pas juste pour les producteurs, mais pour tous les Canadiens », s’est insurgé le président général de l’Union des producteurs agricoles du Québec, Marcel Groleau.

Washington réclame que le Canada abandonne d’ici 10 ans toutes ses protections envers les producteurs de lait, d’œufs et de volaille, ont fait savoir des sources proches de la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

Comme plusieurs, M. Groleau croit que les Américains tentent d’amener les discussions dans un cul-de-sac pour se retirer plus facilement de l’Accord.

Logique

Hier, les ministres de l’Agriculture du Québec et du Canada ont chacun renouvelé leur appui à ce système qui permet aux agriculteurs d’avoir un prix stable pour leurs produits au moyen de quotas.

« Produire en fonction de la demande des consommateurs, c’est ça qui est logique. On doit défendre ça », soutient François Dumontier, porte-parole des Producteurs de lait du Québec.

Toutefois, l’Institut économique de Montréal (IEDM) croit qu’il serait avantageux de laisser tomber la gestion de l’offre, à condition que les États-Unis abolissent eux aussi leurs mesures de soutien à leur industrie laitière.

« C’est une opportunité à saisir pour créer un marché égal pour tous. Mais le gouvernement ne pourrait pas abandonner les fermiers et devra leur offrir des compensations pour les aider à faire la transition », croit Alexandre Moreau, analyste en politiques publiques à l’IEDM.

De son côté, Sylvain Charlebois croit qu’il est « grand temps de réformer le système obsolète de la gestion de l’offre ».

« Ça fait 50 ans qu’on a ce système. Les temps ont changé et il est maintenant temps d’évoluer. Mais on aura de durs choix à faire durant ces négos », affirme le professeur en distribution et politiques alimentaires de l’Université Dalhousie.

- Avec Maxime Huard, Agence QMI