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Victimes de religieux recherchées

Un nouveau recours collectif devrait être déposé contre les Clercs de Saint-Viateur et le Collège Bourget

Le Collège Bourget, situé à Rigaud, pourrait être visé par un recours collectif en lien avec des agressions alléguées, notamment sur un élève dans les années 1970.
Photo d'archives Le Collège Bourget, situé à Rigaud, pourrait être visé par un recours collectif en lien avec des agressions alléguées, notamment sur un élève dans les années 1970.

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Déjà éclaboussés par des poursuites criminelles et un recours collectif qui leur a coûté 30 millions $, les Clercs de Saint-Viateur pourraient à nouveau faire face à la justice.

Un homme qui allègue avoir été agressé au cours de son adolescence par un religieux au Collège Bourget entend déposer sous peu un recours collectif contre l’établissement scolaire de Rigaud et la congrégation qui y enseignait, les Clercs de Saint-Viateur.

« J’ai longtemps eu honte et vécu dans la peur. Mais ça ne peut plus continuer. Je n’ai pas à être une victime toute ma vie et payer pour la perversion d’un adulte en situation d’autorité », a dit l’homme aujourd’hui âgé d’une cinquantaine d’années.

Dans les années 1970, il aurait subi des sévices plusieurs fois par mois pendant un an. Le tout se serait déroulé parfois dans la chambre d’un même religieux, mais plus souvent à la salle de sports.

Briser le silence

Pour la victime alléguée, les souvenirs traumatisants des sévices ne seraient remontés à la surface que récemment, après un accident. Depuis, il dit avoir enfin pu obtenir une explication pour les douleurs « physiques, psychologiques et émotionnelles » longtemps subies. Malgré la honte, il se dit maintenant prêt à dénoncer son agresseur. Mais il soutient ne pas être le seul à avoir été agressé.

« Ce que je vous raconte, ce que j’ai vécu, je sais que ce n’est que la pointe de l’iceberg », affirme-t-il.

Il lance ainsi un cri du cœur afin que d’autres hommes, qui auraient été agressés par des religieux entre les années 1960 et 1990 au Collège Bourget, se manifestent.

« Ce que je dis aux autres victimes, c’est de faire face à leurs peurs. Dans mon cas, ç’a fait baisser la pression d’au moins 50 à 60 %. J’estime que c’était le temps que j’en parle, que je procède, pour briser le silence, mais aussi essayer de faire briser le silence à d’autres victimes », insiste-t-il.

D’autres victimes ?

D’ailleurs, son agresseur allégué aurait fait au moins une deuxième victime. Le frère visé a en effet été accusé au criminel, avant d’être jugé inapte à subir son procès. Il est mort peu après, en novembre 2014. Une prescription de trois ans est normalement prévue pour intenter un recours lorsque la personne visée est décédée.

« La demande du recours doit être déposée rapidement. On veut retrouver d’autres victimes parce qu’on sait qu’il est extrêmement probable que ce frère ou d’autres membres du personnel en aient fait d’autres », a insisté Virginie Dufresne-Lemire, l’avocate responsable du recours.

Un membre des Clercs de Saint-Viateur, Laurent Madore, a déjà été reconnu coupable pour des agressions sexuelles dans les années 1980 au Collège Bourget. La congrégation a aussi dû payer 30 M$ à de jeunes sourds abusés.


Pour toute information sur ce projet de recours collectif, visitez le site agressionssexuelles-collegebourget.com ou téléphonez au 514 522-0505.