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Caisse de dépôt: la Caisse de dépôt va demeurer dans le pétrole

Elle détiendrait pour l’instant 11 milliards $ en énergies fossiles

Michael Sabia
Photo d'archives, Martin Chevalier Michael Sabia

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Malgré les pressions de groupes environnementalistes, la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) a choisi de ne pas tourner le dos aux énergies fossiles avec sa nouvelle stratégie de lutte aux changements climatiques.

Le document d’une quinzaine de pages, dévoilé mercredi, ne mentionne pas le mot « pétrole », mais présente quatre engagements du principal investisseur institutionnel québécois face au « défi climatique ».

« À partir de maintenant, le facteur climatique sera pris en compte dans chacune de nos décisions », affirme le président et chef de la direction, Michael Sabia.

La Caisse a l’intention d’augmenter de 8 milliards $ ses investissements faibles en carbone d’ici 2020, et de réduire, pour chaque dollar investi, de 25 % son empreinte carbone d’ici 2025. Chaque portefeuille d’investissement aura une limite en intensité d’émissions de GES permise afin d’atteindre cet objectif.

La CDPQ détiendrait pour l’instant 11 milliards $ en énergies fossiles (extraction, raffinage et production d’électricité par les hydrocarbures), en date du 31 décembre dernier. Ces investissements auraient diminué au cours des derniers mois. En comparaison, le bas de laine des Québécois avait 16 milliards $ d’investissements faibles en carbone et 9 milliards $ dans les énergies renouvelables.

Payer les pensions d’abord

À ceux qui estiment qu’il ne va pas assez loin, M. Sabia réplique qu’il s’agit d’une première étape.

« Il faut payer les pensions de 8 millions de Québécois. On va continuer à collaborer avec les experts, à apprendre, et oui, c’est bien possible qu’à un moment on trouve une façon de mieux faire les choses. [...] Mais aujourd’hui, vous voyez une première étape », s’est-il défendu.

Le mouvement Sortons la Caisse du Carbone souhaite toutefois que l’investisseur « aille rapidement plus loin et s’engage à réduire ses investissements dans les projets et compagnies d’hydrocarbures les plus polluants ».

D’autres y songent

La Caisse n’est pas la seule à réévaluer ses placements dans des industries polluantes. Le Mouvement Desjardins a lui aussi amorcé une réflexion et doit faire connaître sa position bientôt. La coopérative s’était déjà imposé un moratoire sur « tout projet d’investissement ou de financement d’oléoducs », en juillet.