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Bill Morneau vendra ses actions de Morneau Sheppell

Bill Morneau vendra ses actions de Morneau Sheppell
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean

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OTTAWA | La polémique des quatre derniers jours a finalement fait céder Bill Morneau jeudi. Le ministre fédéral des Finances a annoncé qu'il vendra ses actions de la firme Morneau Shepell.

Ses autres actifs financiers seront placés dans une fiducie sans droit de regard.

«Peut-être que j'ai été naïf de penser qu'il était suffisant de suivre seulement les recommandations de la commissaire à l'éthique. Mais je dois en faire plus», a indiqué Bill Morneau au cours d'un point de presse tenu au Parlement, tout juste avant la période des questions. Il a qualifié la controverse de «distraction».

Les membres de la famille du ministre se départiront également de toutes leurs parts de Morneau Shepell, la compagnie que M. Morneau dirigeait avant d’entrer en politique.

Le NPD insatisfait

Pour le Nouveau Parti démocratique (NPD), l’annonce du ministre des Finances ne dissipe pas les doutes au sujet de son intégrité. «Il a laissé un mensonge perdurer pendant deux ans et maintenant, seulement parce qu’il s’est fait prendre, il réagit», a critiqué le porte-parole néodémocrate en matière d’éthique, Nathan Cullen.

Le NPD juge sévèrement le fait que l’action de Morneau Shepell s’est appréciée de près de 5 %, en octobre 2016, cinq jours après le dépôt du projet de loi C-27 sur les prestations de retraite. Ils accusent Bill Morneau de s’être enrichi grâce au projet de loi qu’il a lui-même élaboré.

Les conservateurs ont abondé dans le même sens. «Il doit être tenu responsable pour ce qui s’est passé durant les deux dernières années. Il possédait des dizaines de millions de dollars d’actions d’une compagnie assujettie à ses lois. Il avait le pouvoir de faire des décisions qui bénéficiaient à la compagnie», a dénoncé le porte-parole conservateur en matière de Finances, Pierre Poilievre.

Aux Communes, où il brillait par son absence depuis le début de la semaine, le ministre a balayé ces allégations du revers de la main jeudi.

Controverse éthique

Le ministre Morneau est empêtré dans cette polémique depuis le début de la semaine, alors qu’il a été révélé qu’il n’avait pas placé ses importants actifs financiers dans une fiducie sans droit de regard. Il avait pourtant promis de le faire au moment de son élection, en 2015.

M. Morneau détenait alors un peu plus de deux millions d’actions de Morneau Shepell, des actifs évalués aujourd'hui à plus de 40 millions $.

La commissaire à l'éthique Mary Dawson n'avait pas recommandé au ministre de mettre ses actifs en fiducie, car il les détient de manière indirecte. «Une fiducie sans droit de regarde n’est donc pas nécessaire», a-t-elle écrit dans une lettre envoyée à M. Morneau en février 2016.