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L’enquête Mâchurer se poursuit toujours

L’enquête Mâchurer, qui vise entre autres l’ex premier ministre Jean Charest, se poursuit, a confirmé le grand patron de l’Unité permanente anticorruption, qui entend remettre au Directeur des poursuites criminelles et pénales le résultat d’une enquête «complète, ficelée et totale».
Photo Jean-François Desgagnés L’enquête Mâchurer, qui vise entre autres l’ex premier ministre Jean Charest, se poursuit, a confirmé le grand patron de l’Unité permanente anticorruption, qui entend remettre au Directeur des poursuites criminelles et pénales le résultat d’une enquête «complète, ficelée et totale».

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L’enquête Mâchurer, qui vise entre autres l’ex premier ministre Jean Charest, se poursuit, a confirmé le grand patron de l’UPAC, qui entend partager au Directeur des poursuites criminelles et pénales une investigation «complète, ficelée et totale».

Les consultations publiques sur le projet de loi 107, qui prévoit notamment transformer l’UPAC en un corps de police spécialisé, se sont poursuivies jeudi, à l’Assemblée nationale.

Le commissaire Robert Lafrenière s’est montré extrêmement favorable à la pièce législative, qu’il a qualifiée d’«avancée majeure pour le Québec». Affirmant se sentir «totalement indépendant», il estime que le projet de loi donnerait une plus grande «autonomie et compétence» à son organisation, autant dans la gestion de ses enquêtes, de ses budgets que de son personnel.

Mâchurer

Refusant de commenter ses enquêtes, le grand patron de l’UPAC a toutefois réitérer les propos tenus lors de l’étude des crédits parlementaires, en mai, à l’effet qu’il comptait aller «jusqu’au bout» de Mâchurer. Cette dernière concerne des allégations de trafic d’influence et cible notamment l’ex-premier ministre, Jean Charest.

Depuis sa création en 2011, l’UPAC a procédé à l’arrestation de 179 individus, dont 77 ont été condamnés. Rien pour rassurer l’opposition, qui dit attendre des résultats. Le co-porte-parole de Québec solidaire Amir Khadir lui a d’ailleurs demandé ce qu’il fallait pour «épingler le suspect numéro un de la commission Charbonneau, Jean Charest».

M. Lafrenière n’a pu répondre, M. Khadir ayant épuisé tout son temps alloué pour formuler sa question. L’UPAC n’a d’ailleurs accordé aucune entrevue à la suite de son passage en commission parlementaire.

Mode de nomination

Le projet de loi 107 prévoit que la nomination du commissaire à la lutte contre la corruption soit analogue à celle qui prévaut actuellement pour le DPCP. La Parti québécois et la Coalition avenir Québec s’opposent à une telle mesure et exigent une nomination par les parlementaires.

Le député péquiste Pascal Bérubé a mis au défi M. Lafrenière de «démissionner et de se prêter au vote des deux tiers de l’Assemblée nationale». «Ça appartient au législateur», a répondu Robert Lafrenière.

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a rappelé que le mode de nomination retenu dans le projet de loi était celui prôné par les recommandations de la commission Charbonneau. «La commission Charbonneau ne dit pas qu’il faut créer un corps de police indépendant avec l’UPAC», a rétorqué M. Bérubé.

La Sûreté du Québec, le DPCP et le BEI ont aussi témoigné en commission parlementaire, alors qu’elles avaient préalablement refusé de le faire. Ces organisations se sont montrées généralement en accord avec les dispositions du projet de loi.