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Vole l’oiseau!

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Il aura fallu la promesse d’emplois de haut niveau à Mirabel pour éviter l’humiliation totale à Bombardier. Or, ce genre de promesses ont souvent la même valeur que l’usine Hyundai à Bromont dans laquelle Ottawa et Québec avaient investi 46 M$ et qui a fermé au bout de cinq ans, laissant 850 travailleurs sur le carreau.

Considérant que Bombardier a donné la C Series à Airbus pour « zéro dollar », ils auront, nous l’espérons, plus de considération pour leur partenaire, mais hier, le président d’Airbus, Thomas Enders, disait déjà qu’il était impératif de couper rapidement les coûts de production de l’avion. Et qu’est-ce qui gonfle le plus les budgets ? La masse salariale, pas la quincaillerie.

Je ne veux pas être un oiseau de malheur – je suis méfiante de nature — et je ne connais pas les détails de l’entente, mais je promets de sabrer le champagne s’il existe encore une usine Bombardier-Airbus à Mirabel dans dix ans.

L’erreur

L’État a fait un mauvais investissement, il faut le reconnaître, mais tous ceux qui ont appuyé la transaction à l’époque l’ont fait pour sauver les emplois. Mais personne n’avait compris que si Bombardier avait les compétences techniques pour construire un avion exceptionnel, l’entreprise n’avait pas l’expertise pour jouer dans la cour des grands.

De plus, la solidité de Bombardier reposait sur le seul compte en banque de l’État.

Les droits de douane américains ont achevé le bel oiseau, mais la spirale de la mort s’était enclenchée bien avant. Bombardier n’avait pas vendu un avion de la C Series depuis un an. Pas très bon pour l’emploi.

En parlant de sauvegarde d’emploi, voici une anecdote qui rappelle à quel point les gains sont fragiles : en février dernier, les ex-employés d’Aveos misaient sur la création d’un centre d’entretien pour entretenir les avions de la C Series.