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Un chauffeur d’autobus masqué risque d’être puni

Il a manifesté son désaccord avec le projet de loi 62

Un chauffeur d’autobus masqué risque d’être puni
Photo courtoisie, Liam Ragan

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Un chauffeur d’autobus de Montréal qui a porté un masque pour protester contre l’adoption du projet de loi 62 pourrait être puni pour ce geste.

« Cet employé a été identifié et il sera rencontré par son supérieur. Selon son dossier d’employé, des mesures disciplinaires pourraient être prises », a confirmé par courriel une porte-parole de la Société de transport de Montréal (STM), Amélie Régis.

Une photo de l’homme en question a été publiée sur Facebook en avant-midi vendredi. On le voit muni d’un foulard qui masque son visage et il pose avec les pouces levés. Au même moment, plusieurs personnes manifestaient devant des arrêts d’autobus le long de l’avenue du Parc contre l’adoption du projet de loi 62.

Adopté mercredi à l’Assemblée nationale, ce projet de loi prévoit que les services publics, dont les transports en commun, devront être donnés et reçus à visage découvert au Québec.

Pas des arbitres

Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui représente les chauffeurs de la STM, estime toutefois que ce n’est pas le rôle de ceux-ci d’intervenir dans le cas où des gens voudraient monter dans l’autobus avec le visage couvert.

« Nos membres n’ont pas à faire les gendarmes, ils n’ont pas à faire l’arbitre », explique un porte-parole du SCFP, Ronald Boisrond.

La STM a confirmé que l’employé masqué pourrait être sanctionné précisément en relation avec cet incident sans expliquer quelles seraient les mesures disciplinaires prises à son égard.

Amélie Régis a toutefois donné en exemple « un avis écrit ou une suspension » en ajoutant que les sanctions variaient selon le dossier de l’employé et la gradation des sanctions.

Un geste loufoque

Le Syndicat canadien de la fonction publique du Canada (SCFP) qui représente les chauffeurs de la STM a confirmé avoir eu connaissance de l’incident.

« C’est une initiative individuelle. Le gros bon sens nous dit de ne pas encourager de telles choses », indique Ronald Boisrond.

Bien que le syndicat n’encourage pas de tels gestes de la part de ses membres, M. Boisrond a assuré qu’il ferait tout en son pouvoir pour défendre le chauffeur.

« C’est un geste loufoque, mais assurément pas un geste haineux », a-t-il dit.

Dans le cadre du projet de loi 62, la STM a donné la consigne à ses employés de conserver le statu quo le temps d’analyser ses dispositions, indique Amélie Régis.