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Félix potvin et l’influence de Pat Burns

Félix potvin et l’influence de Pat Burns
Photo Martin Alarie

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L’ancien gardien de but Félix Potvin a le logo des Cantonniers de Magog incrusté dans la peau. Voilà maintenant 10 ans que l’ancien joueur étoile des Maple Leafs de Toronto est impliqué au sein de cette équipe de la Ligue midget AAA.

Potvin occupe le rôle d’entraîneur-chef depuis cinq ans et il éprouve toujours le même plaisir à diriger l’équipe, qui est compétitive année après année, ayant notamment atteint la finale de la ligue en 2016.

« J’aime travailler avec ces jeunes âgés de 15 et 16 ans, car c’est une étape cruciale dans leur cheminement, explique Potvin, qui a franchi récemment le cap des 100 victoires à la barre des Cantonniers. Le déclic dans ma décision de faire carrière au hockey est survenu alors que je jouais pour les Canadiens de Montréal-Bourassa en 1987-1988, dans la Ligue midget AAA.

Potvin a brillé à ses débuts avec les Maple Leafs de Toronto.
Photo d'archives
Potvin a brillé à ses débuts avec les Maple Leafs de Toronto.

La mission première du circuit est le développement des joueurs afin qu’ils puissent monter en grade dans la LHJMQ, ajoute-t-il. Par le truchement de mon expérience et de mon vécu, j’essaie de rendre mes jeunes joueurs meilleurs, de leur inculquer de bonnes valeurs.

Le défi pour un entraîneur dans notre ligue est de trouver le moyen de gagner, tout en employant régulièrement tous les joueurs. Rien ne me fait plus plaisir que d’entendre les dirigeants d’une équipe de la LHJMQ me mentionner qu’on a bien préparé nos gars en vue du calibre junior majeur. »

La LHJMQ éventuellement

Potvin a déjà été approché pour diriger une équipe dans la LHJMQ, mais il n’était pas prêt pour ça à ce moment-là, ayant encore des enfants à la maison familiale d’Austin, située aux abords du lac Memphrémagog. Il ne fermerait cependant pas la porte si une offre sérieuse lui était faite éventuellement.

En attendant, il se plaît dans son rôle d’entraîneur-chef dans la Ligue midget AAA, où la pression de gagner des matchs est moins forte que dans les niveaux supérieurs, même s’il ne cache pas sa satisfaction de voir les Cantonniers occuper le premier rang du classement de la division Tacks.

« Ce boulot me tient passablement occupé avec les entraînements durant la semaine et les matchs le week-end, raconte Potvin. Heureusement que je suis bien entouré. J’ai deux bons adjoints en Olivier Picard et Alex Carrier et je peux compter sur l’appui d’un bon président en Renaud Légaré. »

Tu étais reconnu pour ton calme devant le filet. Comment te décris-tu comme entraîneur ?

« J’ai toujours été un gars calme. Je suis un entraîneur exigeant, mais juste. Bien sûr, je n’aime pas perdre des matchs, mais je comprends aussi qu’on ne peut pas se montrer trop sévère avec les jeunes. Les temps ont changé. On ne peut pas crier derrière le banc, comme les entraîneurs le faisaient à l’époque. Il faut que les jeunes aient du plaisir à jouer au hockey. J’insiste beaucoup sur la notion de respect mutuel. »

Quels entraîneurs t’ont le plus influencé durant ta carrière ?

« Le regretté Pat Burns est celui qui a eu le plus gros impact sur ma carrière. Il m’a beaucoup aidé à m’affirmer dès mes débuts à Toronto, n’hésitant pas à me faire confiance. On se connaissait déjà un peu puisqu’on habitait tous les deux sur les rives du lac Memphrémagog durant l’été. Pat était un entraîneur dur, mais honnête. Avec lui, tu savais toujours à quoi t’attendre. J’ai bien aimé aussi jouer sous les ordres de Joe Canale, à ma dernière saison à Chicoutimi. L’équipe avait eu beaucoup de succès. »

Tu es père de trois enfants et tu diriges un groupe de joueurs dans la phase de l’adolescence. T’arrive-t-il parfois de leur fournir des conseils du genre « père de famille » ?

« Si un joueur ressent le besoin de parler parce que les choses ne se passent pas bien sur le plan personnel, il faut être à l’écoute et lui venir en aide dans la mesure du possible. Les entraîneurs peuvent devenir des confidents à l’occasion. »

Tu as dirigé ton fils Xavier à Magog avant qu’il fasse le saut dans la LHJMQ. Était-ce difficile pour lui d’éviter les comparaisons avec son père, étant donné qu’il occupe lui aussi la position de gardien de but ?

Potvin a eu l’occasion de diriger son fils Xavier il y a quelques années à Magog.
Photo d'archives
Potvin a eu l’occasion de diriger son fils Xavier il y a quelques années à Magog.

« Les comparaisons sont inévitables, mais Xavier a su bien gérer ce genre de pression. Il a connu de bons moments avec les Saguenéens, mais il n’y avait plus de place pour lui comme joueur de 20 ans cette saison et il a choisi de poursuivre sa carrière dans la Ligue junior A de l’Alberta, à White Court, tout en suivant des cours à l’université. Il aimerait jouer un jour pour une équipe universitaire. »

Quels sont les plus beaux souvenirs de ta carrière dans la LNH ?

« Sans aucun doute mes premières saisons avec les Maple Leafs. J’ai été finaliste au trophée Calder à mes débuts, mais je n’avais aucune chance de gagner, car c’est l’année au cours de laquelle Teemu Selanne a marqué 76 buts avec le Jets de Winnipeg. J’ai eu la chance d’amorcer ma carrière de façon exceptionnelle à Toronto. Rick Wamsley et Grant Fuhr se sont blessés et ça m’a ouvert la porte pour occuper le poste de gardien numéro 1. J’ai beaucoup apprécié le fait de côtoyer un gardien expérimenté comme Fuhr. Il était si calme. Il respirait la confiance. Il a partagé avec moi sa vision des choses et ça m’a toujours bien servi. »

Ressens-tu encore un pincement au cœur lorsque tu penses aux séries éliminatoires de 1993 ?

« Et comment ! Il ne nous manquait qu’une seule victoire pour nous retrouver en finale contre le Canadien. Malheureusement, lors du septième match disputé à Toronto, les Kings nous ont battus 5 à 4 grâce à un tour du chapeau de Wayne Gretzky. J’aurais tellement aimé participer à la finale pour la coupe Stanley, surtout contre le Canadien. Ç’aurait été magique. Les Maple Leafs ont aussi encaissé une défaite en finale d’association l’année suivante, contre les Canucks. Ce fut dur à digérer. »

Quels coéquipiers as-tu le plus appréciés ?

« Doug Gilmour, qui avait connu une saison du tonnerre avec une récolte de 127 points en 1992-1993, était un formidable meneur sur la patinoire, fournissant toujours un effort maximal. Wendel Clark était lui aussi un très bon meneur. »

Quels attaquants t’ont causé le plus d’ennuis ?

« Wayne Gretzky, Mario Lemieux et Jaromir Jagr m’ont déjoué à plusieurs reprises, mais je dirais que ma bête noire était Brendan Shanahan. Il avait le don de me faire mal paraître. Par contre, j’avais du succès aux dépens d’un franc-tireur étoile comme Brett Hull. »

Comment trouves-tu les gardiens de la LNH, aujourd’hui ?

« Ils sont énormes. Ils prennent tellement de place devant leur filet. Je crois qu’ils sont un peu moins agressifs que nous l’étions à l’époque, se fiant davantage à leur technique. Ils gardent tous le filet de la même façon. Il se marque moins de buts de nos jours. À mon époque, un gardien qui terminait la saison avec un taux d’efficacité de ,900 figurait parmi les meilleurs de la ligue. »

Quelle est ton opinion au sujet de Carey Price ?

« Il demeure à mes yeux le meilleur gardien de la LNH. Les amateurs ont la critique facile à son endroit, mais Price doit composer avec une pression énorme à Montréal. Il n’a pas la meilleure brigade défensive devant lui. »

Peux-tu nous parler de ta dernière saison avec les Bruins ?

« Après avoir connu du succès avec les Kings, je me suis retrouvé à Boston dans un rôle de second à Andrew Raycroft et je n’ai pas eu l’occasion de jouer durant la série éliminatoire contre le Canadien, que les Bruins ont perdue en sept matchs. Ça m’a laissé un goût amer dans la bouche. Puis, la saison 2004-2005 a été annulée à cause d’un lockout, et l’heure de la retraite avait sonné pour moi. »

 

Félix Potvin

Félix Potvin a été intronisé au Temple de la renommée de la Ligue midget AAA et à celui de la LHJMQ.
Photo courtoisie Ligue midget AAA
Félix Potvin a été intronisé au Temple de la renommée de la Ligue midget AAA et à celui de la LHJMQ.

Félix Potvin est né le 23 juin 1971 à Anjou. Il réside à Austin, dans les Cantons-de-l’Est, et il est marié à Sabrina, une enseignante. Le couple a trois enfants, Noémie (23 ans, étudiante à l’Université d’Ottawa), Xavier (20 ans, hockeyeur en Alberta) et Félicia (18 ans, étudiante à l’Université d’Ottawa).

EMPLOI : Entraîneur-chef des Cantonniers de Magog, dans la Ligue midget AAA, depuis cinq ans.

PASSE-TEMPS : Chasse et pêche.

CARRIÈRE : Sélectionné en deuxième ronde par Toronto au repêchage de 1990, il a disputé 635 matchs dans la LNH avec les Maple Leafs, les Islanders, les Canucks, les Kings et les Bruins, conservant une fiche de 266-260-85 avec 32 jeux blancs et une moyenne de buts alloués de 2,76. Il a participé deux fois au match des étoiles (1994 et 1996).

HONNEURS : Intronisé au Temple de la renommée de la Ligue midget AAA et de la LHJMQ, finaliste au trophée Calder en 1992-1993. Il a remporté les trophées Guy-Lafleur et Jacques-Plante en 1991 avec les Saguenéens de Chicoutimi et le trophée Baz-Bastien en 1992 avec les Maple Leafs de St. John’s.