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Le souvenir des Irlandais

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La « Black Stone », pour ne pas oublier

ca 1900-1910
Photo Courtoisie de Library of Congress, Prints & Photographs Division, George Grantham Bain collection, LC-B2- 2133-12.
ca 1900-1910

Imaginez cette scène : fils d’immigrant irlandais, vous travaillez sur le chantier de construction du futur pont Victoria. En creusant près de la Pointe-Saint-Charles, un jour de 1857, vous et vos collègues – majoritairement d’origine irlandaise — savez bien que vous êtes tout près d’une fosse commune. C’est là que sont enterrées environ 6000 personnes, presque tous des Irlandais catholiques, victimes de l’épidémie de typhus qui a touché Montréal lors de l’arrivée massive de ces derniers en 1847, il y a donc à peine 10 ans. Pour la communauté qui a pris racine dans Goose Village non loin de là, il faut agir. Un monument commémoratif est installé par les patrons du chantier dès la fin des travaux, en 1859. Ce rocher de 27 tonnes, premier monument érigé au Canada à la mémoire des victimes du typhus, ne précise pas, toutefois, leur origine, surtout catholique. Il reste difficilement accessible aux visiteurs qui doivent traverser la rue Bridge à leurs risques pour le voir de près.

Tragique épisode

ca 1858-1859
Photo Courtoisie du musée McCord, N-0000.392.2.2
ca 1858-1859

L’épidémie de typhus qui touche Montréal à l’été 1847 accompagne malheureusement une vague d’immigration massive en provenance d’Irlande. Si beaucoup d’Irlandais catholiques arrivent à Montréal dès 1815, la Grande Famine qui sévit sur l’île d’Émeraude à partir de 1845 jette des centaines de milliers d’entre eux sur les mers. Affaiblis et entassés sur des navires où les conditions d’hygiène sont déficientes, le typhus se déclare rapidement. Une quarantaine à Grosse-Île ne suffit cependant pas à trier tous les bien-portants et, arrivés à Montréal, la maladie les a souvent atteints. Le maire John Easton Mills, qui sera lui-même fatalement victime du typhus, fait bâtir des abris pour recevoir les arrivants et les Sœurs Grises portent secours aux malades. Au moment de la construction du pont Victoria, on réaménage ces bâtiments, visibles sur notre photo, pour les transformer en habitations pour les ouvriers et leurs familles, soit environ 400 personnes.

Un ouvrage industriel colossal

Cette petite locomotive est bien modeste face aux mastodontes qui seront construits à peine 50 ans plus tard dans les usines de Montréal. Elle a néanmoins droit aux honneurs : c’est une pionnière ! Elle rappelle les premiers modèles de locomotive à vapeur, conçus au début du XIXe siècle par l’Anglais George Stephenson et son fils Robert. Ce dernier sera justement l’un des ingénieurs impliqués dans la construction du pont Victoria. La première version de ce pont à charpente tubulaire préfabriquée en Angleterre imite le pont Britannia, au pays de Galles. Ce tube reposait alors sur 24 piliers renforcés de pics brise-glaces en fer. La nouvelle technologie du chemin de fer révolutionne les transports et l’Angleterre prête ici son expertise à sa colonie canadienne. Le nom de Stephenson restera donc non seulement associé au développement des locomotives, mais aussi à l’émergence de Montréal en tant que plaque tournante d’un réseau de transport qui devient alors international.

Aujourd’hui
Photo Ben Pelosse
Aujourd’hui

 

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