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Menacé d’exclusion des séries

Avec seulement une victoire en poche, le Tricolore doit afficher une moyenne de ,622 le reste de la saison

Carey Price a fracassé son bâton après le sixième but des Ducks d’Anaheim, vendredi.
Photo AFP Carey Price a fracassé son bâton après le sixième but des Ducks d’Anaheim, vendredi.

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Croyez-vous encore aux chances du Canadien de participer aux séries éliminatoires ? Même les plus pessimistes n’auraient jamais pensé se poser cette question deux semaines seulement après l’ouverture de la saison.

Et pourtant.

Le désastreux périple de trois rencontres en Californie fait présentement vivre au Tricolore son pire début de saison depuis 1941-1942. Mais contrairement à cette époque où six des sept équipes du circuit se qualifiaient pour le tournoi printanier, le nombre de formations participantes et exclues est désormais pratiquement équivalent (16 contre 15).

Un coup d’œil rapide sur les dernières saisons révèle qu’il faut environ 95 points pour obtenir son billet pour la danse du printemps. Et ça, c’est pour entrer dans la salle de bal par la porte arrière.

Or, si la troupe de Claude Julien souhaite atteindre ce total, elle devra maintenir, d’ici au 7 avril, une moyenne de ,622. Quelque chose comme six gains et un revers en bris d’égalité par tranche de 10 matchs. Une lourde commande.

Pas surprenant que certains joueurs du Tricolore commencent à ressentir une certaine forme de frustration. Incapable de contenir la sienne, Carey Price a fracassé son bâton sur le poteau droit de son filet après le sixième but des Ducks, vendredi soir.

« C’est frustrant, il n’y a pas de doute. Il n’y a pas un seul humain sur Terre qui ne serait pas frustré en ce moment, a admis Price, une fois de retour au vestiaire. Mais la plus grande chose, c’est qu’il faut savoir l’oublier et regarder vers l’avant. »

Plus facile à dire qu’à faire.

Marge de manœuvre inexistante

En connaissant leur passage à vide dès les 15 premiers jours du calendrier régulier, les Montréalais viennent de s’enlever le loisir de connaître un creux de vague en milieu de saison. Ils n’ont plus le droit à l’erreur, plus aucune marge de manœuvre. Ils devront maintenir la cadence mentionnée plus haut pendant cinq mois et demi.

Un rythme impossible à tenir. Surtout pour une équipe capable du meilleur comme du pire au cours d’une même rencontre.

« Je ne peux l’expliquer. Je crois que je n’ai jamais vu une telle chose. J’aimerais mieux pouvoir y répondre. Nous perdons probablement notre concentration et nous en payons le prix », a déclaré Karl Alzner avant de rentrer à Montréal.

Rappelons que l’ancien défenseur des Capitals et ses coéquipiers ont décoché 30 tirs sur John Gibson en deuxième période avant de s’effondrer et d’accorder trois buts pendant le dernier vingt.

Le réservoir se vide

Sous la férule de Michel Therrien, le Canadien nous avait habitués à des débuts de saison explosifs. En meilleure forme que ses adversaires, le Tricolore parvenait souvent à les distancer au cours du troisième vingt. Un avantage sur lequel il a surfé jusqu’à la mi-novembre au cours des trois dernières saisons.

À chacun de ces trois derniers débuts de campagne, le troisième tiers fut l’affaire du Canadien. Pendant les huit premiers matchs de 2016, l’équipe montréalaise a dominé 16 à 5 dans la colonne des buts inscrits au dernier vingt. Il a fait encore mieux en octobre 2015 en faisant scintiller la lumière rouge à 14 occasions contre une seule.

Un an plus tôt, l’écart fut moins grand (10 contre 6). Cependant, l’efficacité du Canadien en troisième période lui avait permis d’effectuer trois remontées victorieuses. D’ailleurs, la troupe de Claude Julien aurait bien besoin de ces réserves d’énergie par les temps qui courent.

Des 33 buts qu’il a accordés, 15 sont survenus en première période (le pire dossier de la LNH) et neuf au troisième tiers (cinquième équipe la plus généreuse). En contrepartie, il a marqué six fois en première période, cinq fois en deuxième et une seule fois en troisième...

« Nous ne sommes pas capables de jouer durant 60 minutes. Les gars devront réaliser que nous devons être prêts. Il faut jouer avec de l’émotion. En début de match, on se faisait frapper partout. J’espère que les gars comprendront que nous aurons besoin de jouer comme en deuxième pour gagner des matchs », a indiqué l’entraîneur-chef du Canadien.

Ses nuits de sommeil doivent déjà être courtes.