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Comme vous ne comprenez rien, faut vous éduquer

ÉOLIENNE
Photo courtoisie

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Propagande pour vendre leur truc

Le comble de l’irrespect et de la prétention émane de politiciens et d’affairistes qui, suite à une nécessaire remise en question des effets prétendument bénéfiques pour tout le monde de patentes qui profiteront qu’à la classe dominante, veulent vous éduquer, vous extirper de votre ignorance à tout prix. Car vous ne comprenez pas.

 

Alors, pour vous «brainwasher» et vous soumettre à leurs affaires, ils vont y mettre le gros paquet. Ils vont embaucher des lobbyistes, des universitaires, des organismes de recherche, d’ex-politiciens et même des politiciens en poste, des boîtes de sondages, de la publicité dans les médias, des experts de tout poil, etc. Face à cette armée de «conditionneurs» professionnels d’esprit, il faut arriver à vous faire abdiquer sinon vous allez passer pour un moron, pour un esprit tordu et même un timbré. Voyons donc, il n’y a pas seulement consensus, mais leurs choses novatrices, modernes et créatrices de richesse font l’unanimité, rien de moins, parmi l’élite et les lucides.

Mais, mes amis, je vous en prie, il ne faut pas céder, quitte à être répudiés au nom de votre dignité et du bien-être collectif. Je vais, à l’aide de quelques exemples concrets, mettre à nu leurs leurres et leurs appâts.

 

Un sondeur dit que l’industrie privée éolienne doit vous éduquer

Oh, que vois-je comme titre d’article récent : «L’industrie éolienne (privée) doit faire de l’éducation, selon un sondeur (Léger Marketing)» (Le Devoir, 6 octobre 2017). En fait, la business très rentable de l’éolien (énergie à la mode) confond marketing et endoctrinement avec éducation et prise de conscience. À cet effet, ils ont bien entamé leur campagne en se payant un sondage bidon qui, comme de raison, va arriver aux conclusions qu’ils voulaient.

 

Je ne dis pas que l’énergie éolienne est à rejeter. Je dis seulement que cette forme d’énergie doit être développée par Hydro-Québec afin que ça nous appartienne et que ce domaine sans risque soit profitable à la population, et non à des opportunistes qui nous vendent leur électricité à gros prix grâce à des contrats blindés signés avec Hydro-Québec. Pourquoi devrions-nous faire appel à un intermédiaire quand nous avons l’expertise collectivement pour le faire nous-mêmes? Comme cela ne nécessite pas de compétence spéciale pour le privé (on installe une tribune, on signe un contrat à long terme avec Hydro et hop, par ici l’argent facile), on comprend pourquoi cette prétendue industrie attire toutes sortes d’entreprises à l’expertise incertaine comme des fonds d’investissement spéculatifs, des régimes de retraite privés, des papetières et des minières et souvent, des compagnies étrangères en plus de ça. Vous comprenez alors qu’il faut mettre le paquet pour vous vendre leur affaire.

Ah ben, que vois-je comme autre titre d’article : «Sondage. Les Québécois soutiennent l’énergie éolienne» (Le Journal de Montréal, 30 septembre 2017). Je ne doute pas que les Québécois soutiennent l’énergie éolienne. Mais la firme de sondage professionnelle a-t-elle posé une question du genre : «Êtes-vous d’accord que ce soit le privé qui développe l’éolien ou préférez-vous que ce soit par votre instrument collectif Hydro-Québec afin que cela coûte moins cher et vous rapporte davantage?». Les bonnes questions biaisées arrivent aux bonnes réponses.

 

Libre-échange avec les States : faudra de la pédagogie

Non, c’est pas vrai! En novembre 2016, il y a l’ambassadeur du Canada à Washington qui nous a dit, pour mieux nous conditionner, que : «Économie : Enseigner le libre-échange. L’élection de Donald Trump forcera le Canada à faire un peu (et même beaucoup) de pédagogie sur les avantages (bien évidemment, il n’y a que des avantages pour tous) du libre-échange, dit l’ambassadeur du Canada aux États-Unis» (Le Devoir, 17 novembre 2016). Un autre, David MacNaughton, qui veut nous sortir de notre ignorance collective et dissiper tous les doutes.

 

Libre-échange quand ça fait l’affaire des States, s’entend. Et libre-échange ou pas, quand ça fait pas leur affaire, ils ne se gênent pas pour imposer des droits dits compensatoires comme ceux de 220% et de 80% promulgués sur les avions CSeries de Bombardier : «La CSeries coûtera 3 fois plus cher.» (Le Journal de Montréal, 7 octobre 2017). Et ce fut la même chose avec le bois d’œuvre : «La capitulation. Le Canada a maintenant un régime forestier où ses exportations (aux États-Unis) sont limitées (avec de gros tarifs douaniers)» (Le Devoir, 29 avril 2006).

Toujours pour le bois d’œuvre, notre «super» négociateur Pierre-Marc Johnson, l’homme de tous les talents et aux gros tarifs, vient nous dire sans rire : «Une entente rabotée vaut mieux que rien» (Les Affaires, 26 août 2006). En fait, rien ne vaut mieux que les diktats américains que l’on prend pour des ententes ou des accords et qui font de nous de vrais colonisés. Et pour mieux se moquer de nous, et il a raison de le faire, l’ex-ambassadeur américain au Canada, David Wilkins, qui s’était alors écrié tout satisfait de la soumission du Québec et du Canada : «Bois d’œuvre : un différend résolu entre pays amis» (Le Affaires, 27 mai 2006). Comme disait le poète : avec des amis comme ça, on n’a pas besoin d’ennemis.

Et pour en remettre, voilà que, face à une énième révision décidée par les États-Unis, il y a Philippe Couillard qui, le cœur sur les deux mains, y va de supplication : «Bois d’œuvre. Couillard lance un appel à la bonne foi des États-Unis (et de Trump).» (Le Devoir, 15 juin 2016). Monsieur Couillard va vite s’apercevoir qu’il ne peut pas faire le «tough» avec les Américains comme il l’a fait avec les Québécois en charcutant et en tarifiant leurs services publics. De toute façon Philippe n’a pas à s’inquiéter puisque les États-Unis imposent (ce qu’ils appellent des ententes) toujours de bonne foi, comme l’a dit George W. en 2006 : «Bois d’œuvre. Bush négociera de bonne foi.» (Le Journal de Montréal, 31 mars 2006). Allô bonne foi.

Pour les actuelles révisions de l’ALENA exigées par Trump, moi j’ai confiance puisque Brian Mulroney l’a dit : «ALENA : soyons vigilants, dit Mulroney. L’ambassadeur officiel auprès du président Trump se dit cependant optimiste» (Le Devoir, 24 février 2017). Vigilance ou pas, le Canada devra se soumettre une fois de plus. Faut pas s’en faire outre-mesure, car les States sont en tout temps bons, ayant été sélectionnés par Dieu lui-même. En tout cas, c’est l’ex-prétendant républicain à l’investiture présidentielle, Mitt Romney, qui l’a dit en 2011 : «Dieu a créé les États-Unis pour qu’ils dominent le monde» (La Presse, 8 octobre 2011). Romney a du Trump dans le nez.

 

Nathalie Normandeau se fait pédagogue

Même Nathalie, l’ex-ministre libérale de Jean Charest, voulait, elle aussi, pour nous faire avaler un autre budget d’austérité pour les cadors tricoté par Charest, Bachand et le patronat, nous faire l’école, car on ne comprenait absolument rien à la réingénierie et à la modernisation de l’État : «Nathalie Normandeau mise sur la "pédagogie"» (La Presse, 12 avril 2010).

 

 

Et le patronat qui veut nous sortir de notre immobilisme

Ah oui, il y a aussi le patronat qui veut nous faire comprendre leur vision d’une société juste et prospère : «Des gens d’affaires veulent réveiller les Québécois» (Le Devoir, 15 septembre 2010). Vous réveiller qu’ils ont dit, pas vous endoctriner! Moi, ça me touche drette au cœur tout ce beau et bon monde qui veut faire de nous des gens connaissants, éveillés, vigilants et conscientisés... à la misère des riches.

 

 

Le très érudit Couillard aussi nous trouve dures de comprenure

Philippe Couillard, un homme très, très cultivé, a dit en 2016 : «Le gouvernement libéral a sauvé le Québec» et aussi «Le sauveur s’est mal fait comprendre. Le plan (d’austérité) est bon (on n’en doute pas), dit Philippe Couillard, mais il faut changer le message» (Le Journal de Montréal et Le Devoir, 7 décembre 2016). Changer le message ou la cassette? Si ça continue comme ça, les Québécois vont faire une «overdose» de savoir. Vont devenir des Ti-Jos Connaissant grâce à nos lucides autoproclamés?brbrReplacementbrbr