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Parler pour ne rien dire

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Stéphanie Vallée me décourage profondément. Son incompétence n’a d’égal que sa propension à parler pour ne rien dire. Pourtant, je l’écoute attentivement. Je sais qu’il y a des mots qui sortent de sa bouche. Mais lorsque je m’efforce de déchiffrer la signification de la somme de ceux-ci, tel le décodage d’un hiéroglyphe préhistorique, je m’évanouis.

Surréel

Il fallait entendre la ministre de la Justice tenter de se dépatouiller du bourbier dans lequel elle s’est enlisée avec sa soporifique loi 62. Une situation presque inédite. Une dizaine de jours après l’adoption d’une loi, une ministre qui doit effectuer une sortie de presse pour préciser la portée de celle-ci, qui fut pourtant longuement débattue au sein de la maison du peuple.

Bien que cela démontre la piètre qualité du travail accompli en amont, il restait à souhaiter que madame Vallée puisse enfin faire preuve de clarté pour nous expliquer avec aplomb en quoi cette loi bizarroïde viendrait mettre un couvercle sur une marmite qui déborde depuis maintenant une décennie. Mais non, c’était espérer beaucoup trop de la procureure générale de notre belle province.

Pitbull édenté

À la place, nous avons eu droit au festival de la confusion et de la contradiction. Une espèce de samba dansée sans grande conviction par une ministre dépassée par les événements « un p’tit pas en avant, deux à gauche et quatre par en arrière »... Finalement, on comprend que cette loi ne vise pas les bons objectifs, qu’elle est mal ficelée et qu’elle a autant de mordant qu’un pitbull édenté.

Philippe Couillard aurait dû corriger le tir en éjectant madame Vallée lors de son remaniement ministériel. Il en fit à sa tête, avec le résultat que l’on connaît maintenant. Qui est le plus à blâmer ? La ministre handicapée par son incompétence, ou son patron qui s’entête à lui voir des qualités qu’elle ne possède pas ?