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FMI: augmenter l’impôt des riches

FMI
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On a peu de riches que vous me dites!

Chaque fois que l’on veut taxer un peu plus les nantis, les experts universitaires, certains partis politiques, le patronat et leurs spécialistes de compagnie nous sortent toujours la même vieille cassette, mais qui, malheureusement, pogne encore auprès de plusieurs. Mais voyons donc, qu’ils nous disent sur un ton prétentieux, ça ne donnera rien d’augmenter l’impôt des riches, car il n’y en a très peu au Québec, au Canada et dans le monde.

 

Ben oui, il y en a très peu, mais ils détiennent le gros de la richesse collective. Et je dirais même plus en ajoutant qu’il y en aura de moins en moins de cadors dans le futur : c’est ce qu’on appelle le phénomène réel, de la concentration de la richesse. Alors, à ces défenseurs des Crésus, disons plutôt que l’on doit taxer la richesse plutôt que les riches si cela peut apaiser leurs scrupules biaisés et même si cela revient évidemment au même.

 

Le «jackpot» des pachas

Ben oui, faudrait pas taxer les riches, car il n’en a pas ou si peu. Vrai qu’il n’y a pas beaucoup de «pleins», mais ils détiennent hélas, trop de richesse comme dans : «Les deux Canadiens plus riches ont autant que les 30% les plus pauvres» (Le Devoir, 17 janvier 2017). Idem au Québec.

 

Et puis au niveau de la planète, il y a que : «Huit personnes aussi riches que 50% de la population mondiale» (TVA Nouvelles, 15 janvier 2017). Il y a aussi cette autre donnée démontrant les criminelles inégalités économiques dans le monde et l’ignoble concentration de la richesse : «1% de la population possède plus que les 99% autres» (Le Journal de Montréal, 19 janvier 2016). Et en termes d’inégalité, l’OCDE nous dit que : «Canada, au pays du grand écart (parmi les pires). Les inégalités de revenu se creusent, les plus riches accaparant une part disproportionnée de la richesse créée» (Le Devoir, 1er mai 2014). Le plusse meilleur pays au monde qu’ils entonnent en chœur en chantant pieusement l’hymne national.

 

Tout va bien pour les marquis et les marquises

À quoi sert de créer de la richesse si cela ne profite qu’à une minorité et à quoi sert de se vanter de créer des jobs peu rémunérées, atypiques ou largement payées grâce aux subventions de l’État comme dans le multimédia, le commerce électronique, les alumineries, la cimenterie McInnis, etc.?

 

Mais c’est malheureusement le constat qu’a fait récemment le Fonds monétaire international (FMI), que l’on ne peut pas accuser de porter à gauche : «L’économie mondiale devrait continuer de croître (le Canada itou) selon le FMI» (Le Devoir, 11 octobre 2017). Qu'à cela ne tienne : «Les salaires augmentent plus faiblement qu’avant la crise (crise financière de 2008), selon un rapport du FMI» (Le Devoir, 28 septembre 2017). Et ce n’est guère mieux au Québec selon Statistique Canada : «Les salaires ne grimpent pas» (Le Soleil, 2 juillet 2017). Et même pire selon l’Institut de la statistique du Québec : «Les Québécois les plus pauvres regardent les autres s’enrichir» (Le Devoir, 7 mai 2015). Comme il y a peu de riches, peut-être que l’on ferait mieux de taxer les pauvres. C’est vrai qu’ils n’ont pas beaucoup d’argent, mais ils sont plus nombreux que les élites et ils ont peu de moyens pour se défendre contrairement aux autres. Pour les politiciens proches de la classe dirigeante, mieux vaut alors s’en prendre, au nom du pragmatisme, aux classes moyenne et pauvre. Les gueux quoi!

 

Hausser les salaires et taxer les riches

Afin de stimuler l’économie et créer de la richesse, faut impérativement rehausser les salaires des travailleurs ordinaires qui stagnent et augmenter l’impôt des riches et non pas les diminuer comme le font depuis plusieurs années nos politiciens : «Les inégalités appauvrissent l’économie. Nous avons atteint un point critique, note l’OCDE» et aussi : «La fortune sourit au pays dont les moins bien nantis s’enrichissent. À l’inverse, le PIB recule lorsque ce sont les revenus des plus riches qui s’accroissent, ont mesuré des chercheurs du FMI» (Le Devoir, le 22 mai et le 16 juin 2015).

 

 

Le FMI, l’OCDE, l’ONU et la Banque TD: taxez les riches

Au mois d’octobre 2017, le FMI l’a répété une autre fois : «On devrait augmenter les impôts des plus riches, estime le FMI» (Le Devoir, 12 octobre 2017). Eh, oh, l’organisme avait donné le même conseil aux politiciens en 2013, mais Charest, Bachand, Couillard, Leitão, Harper et cie ont fait exactement le contraire afin de soulager leurs amis de leur anxiété fiscale : «Taxez les riches, dit le FMI» (Le Devoir, 10 octobre 2013). Taxez pas, détaxez.

 

Incroyable, mais vrai. Voilà que la Banque TD s’est faite probablement communiste aux yeux de certains escogriffes, lorsqu’elle a recommandé ceci : «Le Canada doit agir contre la montée des inégalités, dit la TD» (Le Devoir, 25 novembre 2014). Mais, Charest Harper et Couillard ont préféré appliquer des politiques d’austérité qui ont plutôt accru les inégalités économiques et ont implanté des politiques fiscales régressives en augmentant la TVQ, en tarifiant davantage les services publics et en baissant les impôts des barons et des compagnies, toutes des mesures fiscales préconisées par le patronat et leurs fidèles adeptes universitaires comme Luc Godbout et Pierre Fortin. Même l’ONU s’était mise de la partie : «L’ONU veut taxer les super-riches» (La Presse, 6 juillet 2012).

Enfin, disons que l’ex-président démocrate des États-Unis, Barack Obama avait plaidé ceci : «Obama s’attaque aux inégalités» et «Obama proposera d’imposer davantage les riches» (Le Devoir et La Presse du 21 et du 19 janvier 2015). Dites-moi les amis, avez-vous déjà entendu Couillard et Leitão parler du fléau des inégalités économiques? Ben non, vous n’en trouverez pas, car toutes ces politiques dites de «rigueur» ont plutôt accentué ces écarts. À ceux qui me crient après et qui prétendent que l’on est les plus taxé au monde : «Le fardeau fiscal du Canada est parmi les plus faibles de l’OCDE» (Le Devoir, 12 avril 2014). À mes détracteurs, si j’en ai, je conviendrai avec vous que la classe moyenne est trop taxée au Québec. Et si elle l’est trop, c’est parce que les riches et les compagnies ne paient pas assez d’impôts et de taxes, que Québec les subventionne trop et que trop de revenus sont détournés dans les paradis fiscaux.

 

Mais Trump et Couillard font le contrairement

Le FMI et même le Conference Board du Canada l’ont affirmé : «Des baisses d’impôt inefficaces» (Le Devoir, 7 janvier 2009). Inefficaces sur le plan économique et en plus injustes et inéquitables que j’ajouterais. Mais depuis les conseils émis en 2009 par ces deux organismes, plusieurs gouvernements dont Harper, Couillard, Charest, Bush et Trump ont préféré, contre tout entendement, s’obstiner à baisser l’impôt des privilégiés : «Trump et les républicains lancent leur projet de baisse historique des impôts» (Le Devoir, 28 septembre 2017). En Autriche aussi le nouveau gouvernement d’extrême-droite de Sebastian Kurz veut réduire les impôts, comme le font tous les élus conservateurs.

 

Quant au PLQ : «Une baisse d’impôt pour les riches décriée par l’opposition» (Le Journal de Montréal, 21 février 2017). Et après avoir coupé des milliards de dollars dans nos services publics, tarifé davantage plusieurs programmes sociaux, augmenté la TVQ et les factures d’Hydro-Québec, le PLQ se sert de ce magot pigé dans les poches des guenilloux et du monde très ordinaire pour le distribuer généreusement aux médecins et pour diminuer le poids fiscal des gras durs, tel que dicté par le patronat : « Leitão fait miroiter des baisses d’impôt» et aussi : «Québec (le PLQ) promet d’autres allègements fiscaux» (Le Devoir, 7 juillet 2016 et 9 septembre 2017).

 

Et le PLQ a sauvé le Québec

Comment que vous me demandez? Mais par des affaires (les vraies) courageuses comme celles-ci qui ont sauvé le Québec de la banqueroute : «Hausse de revenu de 2 milliards en 4 ans pour les médecins. Le revenu des spécialistes a bondi de pas moins de 46% en quatre années.» (Le Journal de Montréal, 29 septembre 2017). Et par esprit analytique et réaliste, il y a le banquier-ministre du PLQ, Carlos Leitão qui vient nous dire: «Le salaire minimum actuel (10.75 de l’heure) est suffisant» (Le Soleil, 14 août 2016). À vrai dire, le PLQ, pu capable.