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Léa Clermont-Dion porte plainte contre Michel Venne

L’ancien journaliste nie les allégations d’agression sexuelle qui le visent

Léa Clermont-Dion a porté plainte récemment à la police pour agression sexuelle contre Michel Venne, fondateur de l’Institut du Nouveau Monde.
Photo Ben Pelosse Léa Clermont-Dion a porté plainte récemment à la police pour agression sexuelle contre Michel Venne, fondateur de l’Institut du Nouveau Monde.

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Après avoir gardé le silence pendant près de 10 ans, l’animatrice et auteure Léa Clermont-Dion dénonce publiquement Michel Venne, qui l’aurait agressée sexuellement alors qu’elle était mineure.

La jeune femme de 26 ans a d’ailleurs déposé une plainte à la police, a-t-elle fait savoir hier. L’événement serait survenu en 2008, mais ce n’est que jeudi qu’elle a décidé d’en parler publiquement dans une publication Facebook.

« 2008. J’ai 17 ans. Je suis agressée sexuellement par mon patron, un baby-boomer de gauche que tout le monde admire, moi la première. [...] J’ai pour idole un être charismatique, intelligent et engagé. C’est mon boss, il s’appelle Michel Venne », a-t-elle écrit.

L’homme est un ancien journaliste et fondateur de l’Institut du Nouveau Monde (INM), une organisation politique militant pour la participation citoyenne. En compagnie de plusieurs autres jeunes, elle a travaillé l’instant d’un été à ses côtés.

« La surprise, j’ai droit à une ‘‘promotion’’. Je dois accompagner le grand boss pendant quelques jours. Je déchante un peu quand je constate que mon idole est étrange et déplacée. Je déchante tout court quand je me fais agresser. Je ne comprends pas ce qui m’arrive, je suis sous le choc. Je quitte mon emploi, bouleversée et cynique », raconte-t-elle.

Malgré tout, elle ne dénonce pas. Puis en 2014, survient le mouvement #Agression NonDénoncée, dans la foulée du scandale concernant l’animateur Jian Ghomeshi.

Mme Clermont-Dion ressent le besoin de parler publiquement de son histoire, sans toutefois nommer son présumé agresseur. Mais l’année suivante, Lise Payette l’appelle pour la décourager de porter plainte.

Michel Venne. Ex-journaliste
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean
Michel Venne. Ex-journaliste

Il nie les allégations

Ce n’est que dans les derniers jours qu’elle a finalement décidé de tout raconter à la police.

Elle se dit inspirée par le nouveau mouvement #MoiAussi, où plusieurs personnes connues et moins connues ont dénoncé des inconduites sexuelles de la part de personnalités publiques comme Éric Salvail et Gilbert Rozon.

« Je parle, parce que dénoncer, c’est un acte concret d’empowerment. J’ai pris la décision de ne plus avoir honte, de me tenir la tête haute », écrit-elle.

Michel Venne a pour sa part réfuté hier, via Facebook, les allégations qui le visent.

« Je nie avoir agressé sexuellement Léa Clermont-Dion. Puisqu’une plainte aurait été déposée, il est préférable pour le moment de laisser le processus d’enquête suivre son cours. Entre-temps, je suspens mes activités professionnelles [...] », s’est-il contenté de dire.

Il a quitté en mars dernier la direction générale de l’INM. Il agissait depuis comme conseiller, mais l’entente de collaboration a été révoquée hier, a confirmé la directrice des communications de l’organisme, Sophie Séguin-Lamarche.

« On est tous sous le choc. On est une petite équipe, majoritairement féminine. On est tous féministes et c’est quelque chose qu’on condamne vivement », a-t-elle commenté.

La page de présentation de M. Venne a d’ailleurs été supprimée du site web de l’INM, hier.

— Avec la collaboration de Benoit Philie