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Niqab: «faux problème», vraiment?

Bloc niqab
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On peut être pour ou contre l’interdiction du niqab en public avec de bons arguments.

On peut voir dans ce vêtement, ce qui est mon cas, un rejet inacceptable de nos valeurs.

À l’inverse, on peut le déplorer, mais le tolérer en plaidant que l’interdiction est difficile d’application au quotidien.

Mais on peut aussi être pour ou contre une mesure pour de mauvaises raisons.

Erreurs

Plusieurs personnes pensent qu’il s’agit d’un faux problème. Ces gens se trompent lourdement.

Essentiellement, ils ont quatre arguments.

Le premier est de dire qu’il n’y a qu’une cinquantaine de femmes au Québec qui porteraient ces vêtements, soit environ 0,0006 % de la population, selon les calculs de mon collègue Jonathan Trudeau.

Cet argument pose trois problèmes.

D’abord, il y en a peut-être seulement 50, mais quand il y en aura 5000, il sera trop tard pour agir.

Allez voir ce que ça donne dans des villes britanniques comme Birmingham ou Manchester, où vous trouverez des quartiers entiers où vous hésiteriez à mettre les pieds.

Ensuite, la montée du phénomène entraînera une réaction hostile, peut-être la montée, comme en Europe, d’une extrême droite pour le moment marginale chez nous. Pourquoi serions-nous immunisés ?

On fera quoi, on dira quoi alors ? Qu’il aurait donc fallu ?

Finalement, si on en fait une question de principe, le nombre n’y est pour rien. Le propre des principes, c’est justement qu’on ne les quantifie pas.

Légifère-t-on sur le mariage gai, l’avortement ou la peine de mort en fonction des volumes ? Non.

Le deuxième argument des tenants du « faux problème », c’est de dire que ce débat nous détourne des « vraies affaires » : l’économie, la santé, l’école, les agressions sexuelles, etc.

Franchement...

Quand vous gouvernez, vous « goalez » 50 dossiers en même temps.

Qu’il y en ait 49 ou 51 ne fait pas une grande différence... à la condition que vous ne mettiez pas ce nouveau dossier entre les mains d’une nullité comme Stéphanie Vallée.

Test

Le troisième argument est de dire que si on ne permet pas à ces femmes de se promener librement, on les condamne à rester enfermées chez elles.

Cet argument est une insulte à l’intelligence.

C’est une conception obscurantiste de leur religion, pas la société, qui les isole en ne leur permettant de sortir que si elles sont ainsi vêtues.

Cet argument nous blâme d’affirmer nos valeurs et de ne pas nous ouvrir à des gens totalement fermés envers nous.

Le quatrième argument est de dire qu’en leur permettant de se promener ainsi, elles chemineront progressivement vers nous.

C’est exactement le contraire. Le voile intégral était inconnu en Occident jusqu’au tournant des années 1980, alors qu’il y avait déjà beaucoup de musulmans modérés parmi nous.

Les radicaux nous testent. Chaque fois que nous cédons, ils avancent un autre pion.