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Coupable de négligence pour une attaque de pitbulls

Une aînée incapable de retenir les chiens de son fils qui ont défiguré une fillette

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Une aînée qui a perdu le contrôle des pitbulls de son fils lorsqu’ils ont défiguré une fillette de huit ans dans un parc a plaidé coupable à une accusation de négligence criminelle causant des lésions.

Hyacinth Parker, 72 ans, a quitté la salle d’audience en larmes hier, après avoir reconnu sa culpabilité devant le juge Marc Bisson, au palais de justice de Longueuil.

Pendant plus d’une heure, les avocats ont relaté les détails de la violente attaque des deux pitbulls et les nombreuses séquelles avec lesquelles doit composer la petite Vanessa Biron depuis.

Hyacinth Parker n’avait aucun contrôle sur les chiens pitbulls lorsqu’ils ont sauté sur Vanessa Biron, que l’on voit ici en compagnie de son père Bernard. La fillette âgée de huit ans a subi de graves blessures au visage.
Capture d'écran TVA Nouvelles
Hyacinth Parker n’avait aucun contrôle sur les chiens pitbulls lorsqu’ils ont sauté sur Vanessa Biron, que l’on voit ici en compagnie de son père Bernard. La fillette âgée de huit ans a subi de graves blessures au visage.

« C’est la première fois de ma carrière que je vois de telles blessures », a laissé tomber le magistrat, visiblement troublé par les photos de l’enfant prises à l’hôpital.

« C’est quelque chose qui ne devrait jamais arriver », a ajouté le juge Bisson à l’attention de la famille de Vanessa.

Le 20 septembre 2015, Hyacinth Parker n’a pas été en mesure de retenir les chiens de son fils Karim Jean-Gilles au parc Marquise de Brossard.

La septuagénaire avait fait sortir les pitbulls Ashes et Jordan dans sa cour pour qu’ils fassent leurs besoins, mais ils se sont enfuis à la vue d’un chat.

La cour de la résidence de Mme Parker n’était pas complètement clôturée, ce qui constitue de la négligence, puisqu’elle savait que les chiens pouvaient être agressifs. Ils avaient déjà mordu un autre chien.

Ni collier ni laisse

L’aînée a rattrapé les bêtes au parc , mais ceux-ci ne portaient ni collier ni laisse. Sans raison apparente, ils se sont rués sur la petite Vanessa, en jappant agressivement. L’enfant a été projetée au sol devant sa mère et sa petite sœur apeurées.

Les deux pitbulls ont mordu Vanessa au visage, lui broyant la joue et la mâchoire.

La mère de la fillette a tenté de la protéger en faisant un bouclier avec son corps alors que Hyacinth Parker a quant à elle frappé les chiens avec un bâton pour qu’ils lâchent prise, en vain.

Ce n’est que lorsque son fils Karim Jean-Gilles, à qui appartiennent les deux pitbulls, est arrivé sur les lieux que l’agression sanglante a cessé.

Il a agrippé son chien Ashes par les pattes et l’a traîné jusque chez lui.

C’est ce dernier qui avait l’habitude de s’occuper des animaux et non sa mère.

Sentence

La dame de 72 ans et son fils ont reçu un total de 3756 $ en contraventions après l’attaque.

L’aînée les a toutes payées, en plus de donner son autorisation pour faire euthanasier les chiens.

Hier, Mme Parker a été condamnée à une probation de trois ans, pendant lesquels elle devra effectuer 240 heures de travaux communautaires. Elle devra également faire un don de 2000 $ à l’Hôpital Sainte-Justine, où Vanessa a été soignée.

Enfin, il lui sera interdit de posséder tout animal pendant sa probation.

Karim Jean-Gilles fait aussi face à un chef de négligence criminelle.

Une date de procès sera déterminée prochainement.

Des séquelles permanentes pour Vanessa

Moitié du visage paralysée, cicatrice apparente, peur incontrôlable des chiens : la petite Vanessa doit vivre avec de graves séquelles de l’attaque qu’elle a subie.

Dans les heures qui ont suivi l’agression, en septembre 2015, la fillette de huit ans a reçu une injection contre la rage, car les médecins ignoraient si les chiens en étaient porteurs.

Cela lui a causé d’importantes souffrances, mais l’enfant était loin d’être au bout de ses peines.

Le lendemain, Vanessa a passé huit heures sur une table d’opération de l’Hôpital Sainte-Justine pour reconstruire sa mâchoire, broyée en sept morceaux par les pitbulls.

Une partie de sa joue a carrément dû être enlevée. Sa glande salivaire et son nerf facial ont été arrachés, son oreille interne détruite.

La fillette a subi une fracture du crâne et plusieurs autres à la main droite. Elle doit toujours rencontrer de nombreux spécialistes, plus de deux ans après l’agression.

Comme Jean Chrétien

La moitié de son visage demeure paralysée, à l’instar de l’ancien premier ministre Jean Chrétien, a illustré hier la procureure de la Couronne, Me Claudie Gilbert, pour résumer les conséquences esthétiques de l’enfant.

Vanessa refuse d’attacher ou de couper ses cheveux, qu’elle utilise pour camoufler sa cicatrice.

Dès qu’elle met le nez dehors, elle doit appliquer de la crème solaire FPS 110, pour éviter que sa cicatrice soit affectée par le soleil.

Sur le plan psychologique, la petite Vanessa a une peur incontrôlable des chiens depuis l’agression. Dès qu’elle en entend un japper, elle est prise de panique.

Elle est également très craintive à l’idée de jouer dans un parc et elle fait encore des cauchemars la nuit.

Message clair

Bien que la sentence dont a écopé Hyacinth Parker ne puisse pas atténuer la souffrance de Vanessa, son père Bernard Biron trouvait important que l’accusée et son fils soient traduits en justice.

« Ça envoie un message clair que les responsables de chiens agressifs peuvent être condamnés pour négligence criminelle », a dit Me Gilbert au juge en son nom.