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Au Théâtre Napoléon de la rue Ontario

Avant Après
Photo courtoisie, Archives de la Ville de Montréal, VM98-Y_1P022
Capture d’écran, Google Maps

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Aux théâtres de l’Est

Étonnant, mais vrai : l’édifice hébergeant jusqu’à récemment la mercerie JVS était anciennement un cinéma ! Situé au 3940, rue Ontario E., entre Orléans et Jeanne d’Arc, le Théâtre Napoléon se révèle être un typique cinéma de quartier. Ouvert en 1915, il est la propriété des fameux frères Denis, Nicholas et George Lazanis, d’origine grecque. Ces derniers possèdent plusieurs théâtres dans l’Est : le Lord Nelson (au coin des rues Bourbonnière et Sainte-Catherine E.) qui compte 500 places, l’Alhambra (sur les rues Sainte-Catherine, puis Ontario et finalement Masson en 1920) et Operascope (au 1870, rue Masson). C’est en s’alliant avec le puissant George Ganetakos, propriétaire d’United Amusement (maintenant Famous Players), que les frères Lazanis se lancent dans la construction de la somptueuse salle du Granada en 1928. Décorée par Emmanuel Biffa, elle est inaugurée en 1930. Le Granada est aujourd’hui connu sous le nom du Théâtre Denise-Pelletier. Quant au Napoléon, devenu le Théâtre Orléans en 1936, il ferme ses portes en 1963 dans la foulée de nombreux cinémas de quartier.

À l’affiche : aventure et romance

Cette journée pluvieuse de 1929 se prête bien à une sortie au cinéma. Justement, le Théâtre Napoléon présente deux films d’aventures qui sauront vous divertir. Dans The Black Watch, le capitaine britannique Donald King (Victor McLagen) quitte son régiment à l’aube de la Première Guerre mondiale pour partir en mission secrète en Inde. Sur son chemin, il fera la connaissance de l’envoûtante Yasmani (Myrna Loy) qui lui viendra en aide au risque de sa vie. Dans Thunder, la course effrénée du conducteur de locomotive Grumpy Anderson (Lon Chaney) pour respecter l’horaire du train mène à la tragédie. Mais il saura se racheter en traversant in extremis des étendues immergées avec sa locomotive pour secourir les victimes d’une inondation. Si Thunder est l’un des derniers films muets, The Black Watch est l’un des premiers « parlants », marquant l’arrivée du cinéma moderne comme nous le connaissons aujourd’hui.

Les biscuits de M. Pichet

Au coin Ontario et Jeanne d’Arc, la biscuiterie de George-Napoléon Pichet affiche fièrement sa réclame. Derrière ce mur, l’usine renferme de grands fours à biscuits et d’importants entrepôts, pour les matières premières, la farine et le sucre, et pour l’expédition des biscuits, vendus au poids. Bien que de moindre envergure que les biscuiteries des Charbonneau sur la rue Lafontaine ou celle des Viau, l’établissement de M. Pichet connaît une certaine longévité de 1900 à 1929. L’homme d’affaires est également bien connu dans Maisonneuve pour son activisme politique. En 1915, M. Pichet fait partie de l’équipe électorale de Levie Tremblay qui veut se débarrasser du maire Alexandre Michaud et son conseiller Oscar Dufresne, considérés comme trop dépensiers. La construction du Bain Maisonneuve a bel et bien coûté 300 000 $, alors que le budget initial ne s’élevait qu’à 30 000 $ ! Élu pour deux ans, l’entrepreneur est défait en 1917. George-Napoléon Pichet quitte ensuite le quartier pour s’établir à Montréal-Nord où il est maire de 1925 à 1929.