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Les cyclistes veulent plus de sécurité

Des sympathisants ont rendu hommage à ceux qui ont perdu la vie en roulant dans les rues de la ville

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Les frères d’un cycliste mort sur la route il y a trois ans déplorent que la sécurité routière ne se soit pas améliorée depuis la tragédie.

Plusieurs dizaines de personnes ont participé à une manifestation organisée samedi par Vélo fantôme dans le but de réclamer des aménagements urbains conçus pour les plus vulnérables.

Les manifestants se sont arrêtés devant les huit bicyclettes blanches que l’organisme a installées depuis 2013 dans la métropole, aux endroits où des cyclistes ont perdu la vie.

Les frères de Bernard Carignan, qui est mort sur la rue Saint-Denis alors qu’il tentait d’éviter la portière d’une automobile s’ouvrant sur lui, tenaient à participer au rassemblement.

Ils regrettent que « presque rien » n’ait changé depuis la mort de leur frère de 27 ans.

« C’est sérieux, ce qui se passe ici. On est en train de dire aux gens : il y a eu des morts, et il continue d’y en avoir. Ça suffit. Au lieu de juste dire qu’il va y avoir des comités et tout ça, il est temps de passer à l’action », a déclaré Denis Carignan.

« De s’arrêter à chaque vélo blanc, ça rappelle que, malheureusement, les aménagements de la ville et le partage de la route ne sont pas encore idéaux », a quant à lui souligné Francisco Carignan.

En milieu d’après-midi, les cyclistes ont interrompu leur trajet à l’intersection de l’avenue du Parc et de la rue Saint-Viateur, là où le tout premier vélo fantôme est apparu.

Ils se sont tous étendus par terre pendant quelques minutes, mimant la mort.

« Ça fait quatre ans qu’on organise des cérémonies de vélo fantôme, et on remarque avec désarroi qu’il y a très peu de choses qui ont changé depuis ce temps-là », a constaté la porte-parole de Vélo fantôme, Gabrielle Anctil.

Dans la majorité des cas, les situations qui ont mené au décès des cyclistes honorés continuent de se produire, dit-elle.

« Présentement, on conçoit les rues en ayant toujours en tête la fluidité du trafic. Mais en faisant ce choix-là, on choisit que des gens meurent sur nos routes », lance Mme Anctil.

Nouvelle réalité

Vélo fantôme demande que la Ville apporte des changements systémiques, plutôt que de faire de « l’acupuncture » en instaurant des mesures de sécurité minimes à une intersection quand un accident impliquant un cycliste y a eu lieu.

« Il y a des travaux dans les rues un peu partout et, chaque fois, on refait la route comme elle était avant, a mentionné Gabrielle Anctil. Mais quand on a pensé les rues, c’était il y a 50 ans, quand la voiture était reine sur nos routes. Ce n’est plus ça, la réalité. »