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Un roman culte porté au grand écran

La jeune actrice Marine Johnson 
joue le rôle principal du film 
La petite fille qui aimait trop les allumettes.
Photo courtoisie La jeune actrice Marine Johnson joue le rôle principal du film La petite fille qui aimait trop les allumettes.

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Le réalisateur Simon Lavoie ne craint pas les défis. Cinq ans après avoir porté à l’écran la nouvelle d’Anne Hébert, Le torrent, le cinéaste s’est attaqué à une autre œuvre marquante de la littérature québécoise en adaptant au cinéma le roman culte de Gaétan Soucy, La petite fille qui aimait trop les allumettes.

Si, aux yeux de plusieurs, La petite fille qui aimait trop les allumettes a longtemps été considéré comme un roman inadaptable au cinéma, le réalisateur Simon Lavoie a imaginé la possibilité d’en faire un jour un film la première fois qu’il a lu le livre, peu de temps après sa publication en 1998.

« Je me souviens que je m’étais dit que ça ferait un film fabuleux », évoque Simon, en entrevue au Journal plus tôt cette semaine.

« Souvent, les livres et les romans qu’on lit entre l’âge de 15 et 25 ans deviennent­­­ des œuvres qui nous marquent pour le reste de notre vie. Ç’a été le cas pour moi avec La petite fille qui aimait trop les allumettes. »

Repartir à zéro

Le hasard a fait qu’une quinzaine d’années plus tard, en 2013, le producteur Marcel Giroux a proposé à Simon la réalisation d’une adaptation de La petite fille qui aimait trop les allumettes. M. Giroux planchait sur ce projet depuis plusieurs années déjà, mais les scénaristes et réalisateurs avec lesquels il avait travaillé jusque-là s’étaient butés à de nombreux obstacles en essayant d’adapter le roman de Soucy.

« Quand Marcel m’a proposé le projet, j’ai tout de suite accepté, mais j’ai insisté sur le fait que je voulais repartir à zéro, explique Simon Lavoie. J’ai voulu repartir du souvenir que m’avait laissé le roman. J’avais un peu oublié l’aspect littéraire de l’œuvre. Ce sont surtout les personnages qui m’étaient restés. »

« C’était aussi important pour moi d’avoir l’approbation de l’auteur Gaétan­­­ Soucy. J’ai même eu la chance de tra­vailler avec lui sur l’adaptation avant qu’il meure subitement (d’une crise cardiaque) en 2013. »

Une œuvre radicale

Tourné en noir et blanc, le film raconte l’histoire de deux adolescents ­(Marine Johnson et Antoine L’Écuyer) qui vivent reclus dans un manoir ­décrépit à la ­campagne, élevés seuls par un père ­tyrannique, dans l’obscurantisme ­religieux. Le jour où ils retrouveront leur père mort pendu, ils devront s’ouvrir au monde extérieur.

Comme dans ses films précédents (dont Le torrent), Simon Lavoie a opté pour une approche radicale et sans concessions, quitte à prendre le risque de décevoir les défenseurs du roman.

« Il y a beaucoup de gens pour qui c’est un roman culte, rappelle le cinéaste. C’est un livre qui a ses ardents défenseurs, et dans les balbutiements du projet d’adaptation, j’avais le désir de rester le plus fidèle possible au roman. Mais plus tard, j’ai compris qu’il fallait accepter que ce soit une relecture. C’est un roman assez radical et je me disais que pour être fidèle à l’esprit de l’œuvre, il fallait en faire un film d’auteur, qui avait un parti pris esthétique. »


Le film La petite fille qui aimait trop les allumettes prend l’affiche vendredi.