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Arrestation du député Ouellette: un enquêteur d'expérience soulève des questions sur le travail de l’UPAC

Guy Ouellette
Photo Jean-François Desgagnés Le député libéral, Guy Ouellette.

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Quatre jours après l'arrestation du député libéral Guy Ouellette, les raisons qui ont poussé l’Unité permanente anticorruption (UPAC) à agir ainsi face à un élu de l’Assemblée nationale en fonction demeurent obscures.

Mercredi, le député du PLQ dans Chomedey et ancien enquêteur de haut niveau de la Sûreté du Québec Guy Ouellette a été arrêté par l'UPAC.

La nouvelle a ébranlé la classe politique et l'ensemble des Québécois, mais elle a aussi choqué plusieurs policiers, des enquêteurs qui se disent préoccupés par l'attitude de l'UPAC.

Le porte-parole en matière de sécurité publique du Parti québécois, Pascal Bérubé, ne comprend pas le choix de l'Unité anticorruption de consacrer autant d'énergie à une affaire de fuite de documents confidentiels.

«Les moyens déployés par l’UPAC sont sans précédent pour arrêter un policier, un ancien policier et un député, observe Pascal Bérubé. Et le public a besoin de sentir la même détermination, même encore plus grande, pour arrêter ceux qui ont volé de l’argent public par des malversations. Plusieurs enquêtes à ce sujet sont en cours», précise le député péquiste, qui siège à un comité qui étudie un changement de mandat et l’augmentation des pouvoirs de l'UPAC.

L’enquête de l’UPAC, dont des éléments ont été rendus publics cette semaine, a conduit à des perquisitions dans les résidences de Guy Ouellette et d'au moins deux autres personnes qui ont été elles aussi arrêtées.

«Des méthodes ultra-sophistiquées»

Un enquêteur d'expérience joint par TVA Nouvelles a accepté de témoigner à condition de conserver l’anonymat.

Ayant déjà collaboré avec l'UPAC, celui-ci remet en question le fait que ce soit l'Unité anticorruption elle-même qui a mené cette enquête.

«Ils ont pris des méthodes ultra-sophistiquées, ultra-secrètes, et ils ont fait travailler une partie de leurs enquêteurs de partout en province pour pogner un de leurs employés et briser la crédibilité de Guy Ouellette, qui a toujours tout fait pour arrêter légalement des bandits», soutient-il.

«J’ai toujours eu beaucoup de respect pour l’équipe de l’UPAC. Leur job devait être de s’occuper de la corruption et des politiciens qui ont des systèmes de retour d’argent.»

Habituellement, l’UPAC ne donne aucun détail relativement aux enquêtes qu’elle mène tant que leur issue n’est pas connue. On peut se demander si, compte tenu de toute la pression qui est exercée dans ce cas-ci, elle ne sera pas tentée de changer ses habitudes.