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PQ : la mort en face

PQ : la mort en face
Photo d'archives Simon Clark

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Le sondage Léger publié samedi dans Le Devoir confirme ce que je sens autour de moi.

Sans tambour ni trompette, la CAQ a pris la tête dans les intentions de vote. Comme elle mène partout à l’extérieur de Montréal, elle peut même rêver à un gouvernement majoritaire.

Le PLQ glisse doucement, mais l’appui massif des non-francophones garantit­­­ qu’il ne sera jamais balayé.

Le PQ, lointain troisième, n’est plus à l’abri du sort subi jadis par le Bloc ou par l’Union nationale.

Audace

Si beaucoup d’électeurs déterminent leur choix en se demandant qui est le mieux placé pour écarter le PLQ, le plancher pourrait s’ouvrir sous les pieds du PQ.

Une astuce de dernière minute ne le sauvera pas.

Une campagne de « bon gouvernement » autour des enjeux courants, non plus.

Une campagne où il se présenterait comme plus « écologiste », plus « progressiste », plus « moderne » que les autres, non plus.

La seule et unique carte qui lui reste, hormis d’espérer un hypothétique effondrement de la CAQ, est de tout miser sur une attaque frontale du statu quo constitutionnel.

Il doit montrer comment le régime canadien, tant par ses politiques économiques que fiscales, et surtout, par sa doctrine multiculturaliste et les décisions de ses tribunaux, pénalise le Québec francophone.

C’est une démonstration complexe, mais que le PQ savait jadis faire brillamment, à une époque où les Québécois n’étaient pas plus idiots qu’aujourd’hui.

Risqué ? Absolument. Incertain ? Absolument. Mais qui dit mieux ?

Permettez-moi ici une comparaison : voyez les gens qui ont l’infortune de ne pas avoir d’éducation.

Certains admettent leur handicap et valorisent l’éducation pour que leurs enfants ne soient pas pénalisés comme eux.

D’autres dissimuleront leur malaise en méprisant les gens cultivés, associés à des prétentieux et à des rêveurs. C’est un mépris qui camoufle une jalousie.

Ils se mentiront à eux-mêmes en cherchant à se convaincre que ce qu’ils n’ont pas n’est pas important.

Il y a de cela dans le rapport de beaucoup de Québécois à la question nationale : devant l’impuissance, on essaie de se convaincre qu’au fond, ce n’est pas si important.

Statut

Le PQ est au bord de la fosse et contemple le trou creusé pour y accueillir­­­ son cercueil.

Qu’il joue au moins le tout pour le tout en faisant campagne sur les raisons­­­ fondamentales pour lesquelles il existe.

Inatteignable pour le moment, la souveraineté se veut une réponse au problème du statut politique du Québec dans le Canada et à ses 1001 conséquences dans notre vie quotidienne.

Or, ce problème demeure entier, ce que même les autres partis concèdent du bout des lèvres.

Que les Québécois rejettent sa solution ne devrait pas empêcher le PQ de leur parler du problème.

Sinon, à quoi sert-il ? En quoi se démarque­­­-t-il de ce que les autres partis offrent ?