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La rectitude politique... pu capable

La rectitude politique... pu capable

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Ça fait quelques années que je le ressens, mais c’est peut-être parce que je suis maintenant dans les médias quotidiennement que ça me frappe encore plus.

On ne peut plus rien dire, rien faire, rien penser, rien promouvoir qui sort un tant soit peu de l’ordinaire pour qu’une police de la pensée unique apparaisse et tente de te faire condamner sur la place publique. Voici quelques exemples:

Discrimination envers les intellos.

La commission scolaire de Laval innove très légèrement pour inviter des élèves à s’inscrire dans des programmes d’études professionnelles (D.E.P.). Utilisant le slogan dans une publicité : « Pas de temps à perdre », avec en petit « pas de philo, pas de littérature ni d’anglais... Bref, juste ce qui te plaît ! »

Il n’en fallait pas plus pour le solidaire Gabriel Nadeau Dubois pour s’insurger et de dire que cette publicité « dénigre directement la formation générale dispensée dans les cégeps du Québec » et « alimente des préjugés anti-intellectuels et frôle le nivellement vers le bas ».

Évidemment, il n’en fallait pas plus pour le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx fasse retirer cette terrible publicité, jugée offensante. Pourtant, s’il y a bien un endroit où le Québec est en pénurie de main-d’œuvre, c’est bien dans plusieurs corps de métiers professionnels. Il y a de très bons salaires qui peuvent se profiler si vous faites ce choix et je vais dire un gros mot : de longues études universitaires et même collégiales, ce n’est pas fait pour tout le monde... voilà c’est dit.

Racisme vraiment ?

Parlons maintenant du cas d’un directeur adjoint d’une école secondaire de Montréal qui s’est déguisé en Bob Marley, un chanteur qu’il admire. Malheur, M. Marley était jamaïcain et de race noire. Le directeur a donc coloré sa peau pour ressembler à la vedette qui a popularisé le reggae. Aussitôt, le pire des quolibets lui a été accolé, soit celle de raciste. Où était le problème ? Où était le dénigrement d’une personne noire ? Le pire dans cette histoire c’est qu’on a humilié cet homme en l’obligeant à faire le tour des classes pour s’excuser et expliquer sa démarche. Incroyable.

Il y a quelques semaines, il y avait la publicité de Dove. Dans cette publicité, on y voyait une femme noire, devenir blanche et par la suite... plus foncée, on y devine son origine latine. Tout de suite on y a vu du racisme en soulignant que l’intention de la compagnie était de faire croire que la dame à la peau noire était sale et que la blanche représentait la pureté de la peau. Évidemment, les critiques ne laissaient pas entrevoir la troisième femme ayant un teint de peau plus foncé. Du pur délire.

Exaspéré !

J’aurais pu vous ajouter des exemples de sexismes, de racismes, de publicités décriées pour avoir insulté les handicapés, les obèses, les stéréotypes professionnels et même les roux, mais je m’arrête là. La société est malade. On ne peut plus rien dire, rien faire sans qu’une police de la pensée unique se lève et nous sorte leur morale sur la façon que l’on devrait se comporter. Je suis d’accord, il y a déjà eu des abus par le passé, mais cette aseptisation collective commence royalement à m’exaspérer. On n’a jamais eu autant d’ouverture à la diversité et aux différents mouvements marginaux et minoritaires, mais quand vient le temps de faire de la publicité, tout est jugé offensant ou discriminatoire. Désolé vous me perdez.