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Montréal est en pleine transformation depuis 10 ans

L’arrivée des téléphones intelligents, la commission Charbonneau et les chantiers ont métamorphosé la ville

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Nombre record de chantiers de construction, des services municipaux de plus en plus branchés et des scandales politiques à n’en plus finir. Il est facile d’oublier à quel point le visage de Montréal s’est métamorphosé au cours de la dernière décennie.

Visuellement, la Ville a subi des changements importants, notamment dans les quartiers centraux, tels le centre-ville, le Sud-Ouest et le Vieux-Montréal.

« Montréal n’est plus Beirut, avec des trous [espaces vides] partout », résume Christian Savard, DG de Vivre en Ville. Elle s’est embellie.

Mais d’autres changements, tels l’embourgeoisement de certains secteurs ou l’absence de développements importants du transport collectif, ne sont pas aussi positifs, rappellent des experts. À l’aube des élections municipales dimanche, Le Journal vous brosse un petit bilan de la transformation de Montréal dans la dernière décennie, qu’il serait si facile d’oublier.

Mettre la corruption derrière nous

L’évolution de Montréal et Laval au cours de 10 dernières années passe inévitablement par l’ère de la commission Charbonneau (CEIC). Durant cette époque, la Ville a enchaîné les maires à vitesse étourdissante, alors que la CEIC révélait à quel point de nombreuses municipalités étaient gangrénées par la corruption.

La commission menait quasi quotidiennement à des révélations explosives impliquant élus et hauts fonctionnaires qui échangeaient des contrats publics pour des pots-de-vin.

«Depuis, les fonctionnaires se sont dotés de mécanismes de vérification à l’interne pour prévenir les dérapages, à l’avenir. Mais les élus demeurent hyper impliqués dans le processus bureaucratique », analyse Danielle Pilette.

Plus de vélos

Photo Charlotte R. Castilloux

L’arrivée du système de vélo-partage Bixi en 2009 a piqué l’intérêt de nombreux Montréalais pour le cyclisme. Et cela a créé une demande pour de meilleures infrastructures cyclables.

« Avant Bixi, la Ville était moins préoccupée par la construction de pistes cyclables. Maintenant, ce n’est pas rare de voir des embouteillages de vélos dans les pistes », ajoute Christian Savard, directeur général de l’organisation Vivre en Ville.

Révolution techno

En 2007, le premier iPhone était dévoilé par Apple, lançant l’ère moderne des téléphones intelligents.

Visionnement des séances de conseil sur le web, accès gratuit au WiFi dans de nombreux édifices publics (et même au milieu de la rue !) et aperçu en temps réel où est rendu un autobus : tous ces services font maintenant partie de la routine des Montréalais.

« Il y a beaucoup de gens qui parlent des services en ligne de la Ville comme s’ils avaient toujours existé, quand en réalité ça ne date que de quelques années. Mais le fait de pouvoir payer une contravention ou demander un permis sur le web plutôt que de devoir se déplacer physiquement est une différence significative », souligne Richard Shearmur, professeur à l’école d’urbanisme à McGill.

Invasion des cônes orange

Photo Benoît Philie

Après des années de construction éparpillée, Longueuil commence à se développer de plus en plus comme Montréal en mettant l’accent sur le transport collectif et des quartiers plus denses.

« On remarque qu’il commence à avoir de moins en moins d’espace sur la Rive-Sud pour le développement, alors l’agglomération a commencé à prendre de la maturité en créant des communautés plus denses autour du métro Longueuil ou les terminus d’autobus », illustre Christian Savard.

Selon lui, Longueuil commence de plus en plus à ressembler à un prolongement de Montréal, ce qui en augmente justement l’attractivité pour les Montréalais qui se cherchent un logement plus abordable.

Il y a toutefois une grogne qui s’est développée parmi quelques villes qui font partie de l’agglomération de Longueuil, soit Boucherville, Brossard, Longueuil, Saint-Bruno-de-Montarville et Saint-Lambert.

« Des maires trouvent qu’ils ne reçoivent pas les services à la hauteur des sommes qu’ils payent, et cette grogne menace de faire éclater l’agglomération », avertit Danielle Pilette.

Tout Montréalais qui a vécu sur l’île au cours des 10 dernières années a sûrement vu l’explosion des cônes orange – et donc des chantiers routiers.

La reconstruction de l’échangeur Turcot, du pont Champlain et des centaines de kilomètres de voirie ne sont que quelques exemples des chantiers qui ont rendu la circulation difficile.

Les experts soutiennent que c’est l’inaction du maire précédent Gérald Tremblay qui a imposé au maire Coderre de mettre les bouchées doubles pour remettre les
réseaux routiers et d’égout en état.
Les experts soutiennent que c’est l’inaction du maire précédent Gérald Tremblay qui a imposé au maire Coderre de mettre les bouchées doubles pour remettre les réseaux routiers et d’égout en état.

Or, la concentration de chantiers depuis l’arrivée de Denis Coderre est surtout due à l’inaction des administrations municipales précédentes, selon les experts.

« Les fonctionnaires le savaient en 2007 que nos infrastructures étaient en besoin urgent de réparations, mais le maire Gérald Tremblay avait clairement fait de l’aveuglement volontaire à l’époque. L’administration Coderre n’a pas d’autre choix que de faire face au problème », explique Christian Savard.

Laval sort de l’ombre de Montréal

Dirigée d’une main de fer par Gilles Vaillancourt pendant plus de 20 ans, Laval se remet lentement de l’électrochoc subi entre 2011 et 2013. Elle développe sa propre identité plutôt que de vivre toujours dans l’ombre de Montréal.

Un des changements les plus importants à Laval est la formation d’un nouveau centre-ville et la création d’un premier schéma d’aménagement qui doit guider le développement urbain.

« Laval a un rattrapage monstrueux à faire en urbanisme. Mais au moins on sait que l’époque des tours à 20 étages qui se construisent à côté d’un bungalow et d’un terrain agricole, c’est fini », souligne François Racine, professeur au département d'études urbaines de l’UQAM.

De plus, la compétition qui faisait rage entre Laval et Montréal pour le financement de projets par le gouvernement provincial semble être terminée.

« En 2007, c’est Gilles Vaillancourt qui gérait le show dans la région de Montréal, et on voyait très peu le maire de Montréal Gérald Tremblay. Maintenant, il y a beaucoup plus de collaboration entre les villes », détaille Danielle Pilette.

Longueuil, un prolongement de Montréal

Après des années de construction éparpillée, Longueuil commence à se développer de plus en plus comme Montréal en mettant l’accent sur le transport collectif et des quartiers plus denses.

« On remarque qu’il commence à avoir de moins en moins d’espace sur la Rive-Sud pour le développement, alors l’agglomération a commencé à prendre de la maturité en créant des communautés plus denses autour du métro Longueuil ou les terminus d’autobus », illustre Christian Savard.

Selon lui, Longueuil commence de plus en plus à ressembler à un prolongement de Montréal, ce qui en augmente justement l’attractivité pour les Montréalais qui se cherchent un logement plus abordable.

Il y a toutefois une grogne qui s’est développée parmi quelques villes qui font partie de l’agglomération de Longueuil, soit Boucherville, Brossard, Longueuil, Saint-Bruno-de-Montarville et Saint-Lambert.

« Des maires trouvent qu’ils ne reçoivent pas les services à la hauteur des sommes qu’ils payent, et cette grogne menace de faire éclater l’agglomération », avertit Danielle Pilette.

 

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