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Philippe Brach: l’art de mener en bateau

Philippe Brach
Photo courtoisie, Christian Blais Philippe Brach s’est amusé à prendre des photos avec des oiseaux de proie pour son nouvel album.

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C’est un «album lourd» que Philippe Brach a composé, avec Le silence des troupeaux. Avec des thèmes comme «l’amour en temps de post-apocalypse», le disque est loin d’être léger. «C’est pour ça que j’ai décidé de ne garder que 10 chansons pour 29 minutes!» dit le musicien de 28 ans en riant.

Pour son troisième album en trois ans et demi, Philippe Brach a imaginé une campagne de promotion qui allait se moquer gentiment de la culture pop. Louis-Jean Cormier et Klô Pelgag se sont prêtés au jeu, tout comme 2Frères et Paul Daraîche.

Tout ce beau monde a participé à l’enregistrement d’une vidéo, diffusée en août dernier, dans laquelle chacun était en studio en train de travailler sur l’album Le silence des troupeaux.

Or, tout cela était faux. «Aucun d’eux n’a vraiment enregistré de chanson pour l’album, dit Philippe Brach. Sur la vidéo, leurs micros n’étaient même pas branchés!»

Avec cette fausse campagne, Philippe Brach voulait que le contraste avec la pochette et le contenu de l’album soit encore plus grand. «Le but n’était pas de dire que c’était facile de faire de la pop ou de rire de 2Frères. Je voulais que les gens pensent que j’allais sortir quelque chose d’ultra peaufiné et carrément à l’autre bout de ce que je fais. Je voulais fucker le monde.»

Pas commercial

Pourtant, il n’en était rien. Philippe Brach n’a pas du tout fait un virage pop commercial. Sur son nouvel album, on y retrouve des orchestres et chorales, mais surtout, l’univers singulier de l’auteur-compositeur est toujours présent.

«Je suis très content du résultat. Ce n’est pas un album qu’on trouve très commercial. La chanson qui pourrait le plus passer à la radio, c’est Pakistan. Mais je dis “tabarnak” dès la première phrase. C’est-tu dommage? (rires)»


Le nouvel album de Philippe Brach, Le silence des troupeaux, est présentement sur le marché.

La rentrée montréalaise se déroulera le 16 mars 2018 au MTelus.

Pour plus d’infos : philippebrach.com.

Les chansons en quelques mots

La pochette de l’album Le silence des troupeaux.
Photo courtoisie
La pochette de l’album Le silence des troupeaux.

Le silence des troupeaux

«Dans tous mes albums, j’aime commencer avec une toune instrumentale. Ça met bien la table à ce qu’il n’y ait pas de table (rires). La personne qui l’écoute est déstabilisée. Il n’y a pas de guide de compréhension.»

La fin du monde

«Ça parle de guerre et de peine d’amour en temps de post-apocalypse.»

La peur est avalanche

«Au début, je ne voulais pas la sortir, car elle parle de racisme et je me disais qu’on avait gagné ces combats au Québec. À la fin, elle part en couille avec l’orchestre. Je voulais que ça dérape. »

Mes mains blanches

«C’est une adaptation libre de la chanson Grandma’s Hands, de Bill Withers. La musique est pareille, mais le texte ne parle pas du tout des mêmes affaires. Ça parle de mes mains immaculées qui n’ont pas vécu grand-chose. »

Pakistan

«C’est une chanson qui parle de tout, sauf du Pakistan ! Je l’ai écrit en grande partie là-bas. J’y suis allé pendant deux mois en février et mars, cette année.»

Rebound

«Pakistan et Rebound se suivent, car c’est un peu le chapitre peine d’amour. Est-ce autobiographique ? En fait, c’est souvent de l’autocaricature. Ça part souvent d’une affaire qui est vraie et ça tombe dans la fiction. Je m’inspire des gens qui m’entourent.»

Cantique de l’abandon

« C’était de l’impro. Je voulais un bruit intense avec des voix chorales, un peu comme le requiem dans 2001, l’odyssée de l’espace. L’ensemble l’a enregistré en une seule prise. J’étais sur le cul. »

Tu voulais des enfants

«Je suis un gros fan de Nat King Cole et de ses chansons avec un couple instrumental avec orchestre. Je voulais que ce soit grandiose.»

 La guerre (expliquée aux enfants)

«C’est une comptine qui rit un peu des médias sociaux et de ceux qui partagent sans vérifier.»

Joyeux anniversaire

« Je trouvais que ça terminait bien l’album. C’est l’histoire du gardien de fort qui décide de fermer la lumière parce que c’est son anniversaire. C’est un genre de fable. »