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La mode des tatouages visibles aux mains, au cou et au visage peut être lourde de conséquences

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Un tatouage aux mains, au cou ou sur le visage risque de changer à tout jamais le regard qu’on porte sur vous, particulièrement celui des employeurs.

Considéré comme un accessoire de mode, une façon d'affirmer son identité, le tatouage – lorsqu’il est très visible – peut aussi devenir une tache sur le curriculum vitae d’un jeune travailleur.

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«Je ne croyais pas que de l'encre dans le visage pouvait faire en sorte qu'un employeur ne te prenne pas, crache sur ton talent, mais c'est fréquent. On nous dit: "On va vous rappeler", mais, finalement, ça n'arrive pas», confie Arno Trentau.

À 18 ans, il a confié son visage aux aiguilles d’un tatoueur.

Il arbore aujourd’hui un masque de samouraï sur son cou, des sabres et différentes écritures sur son visage.

«J'ai eu peur de mourir une seule fois dans ma vie et c'est quand ma mère a vu mes tatouages dans le visage pour la première fois», dit-il.

Lui, comme toute une nouvelle cohorte de diplômés, débarque en masse sur le marché du travail.

Et dans plusieurs cas, leurs choix de jeunesse s’avèrent être des remparts supplémentaires à leurs efforts.

Encadrer sans discriminer

Certaines entreprises, moins conciliantes à l'égard des tatouages visibles par crainte de nuire à leur réputation, vont jusqu’à créer leurs propres règles.

«L'employeur a le droit d'établir une politique, que ce soit pour prévenir certains cas au niveau de la santé, de la sécurité, de l'image de l'entreprise, mais il faut que ce soit très clair», soutient Chantale Lemieux, porte-parole de l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés.

Un tatouage aux mains, au cou ou sur le visage risque de changer à tout jamais le regard qu’on porte sur vous, particulièrement celui des employeurs.

À l’inverse, de plus en plus d'entreprises apportent des modifications à leur politique vestimentaire pour permettre les tatouages visibles, dont McDonald's en 2012, ainsi que Starbucks et Tim Hortons en 2014.

Le défi c'est d'encadrer sans discriminer.

«On voit de plus en plus dans la jurisprudence des cas où des politiques d'employeurs sont invalidées parce que ça vient empiéter sur les droits fondamentaux des salariés», souligne Me Anne-Marie Delagrave, spécialiste en droit du travail et en droit de la personne.

«En 2016, des policiers étaient régis par une politique interdisant le tatouage et ça a été jugé discriminatoire et portant atteinte aux droits fondamentaux, à la vie privée et la liberté d'expression», rappelle l'avocate.

«Avec la machine vient la responsabilité»

Une chose est certaine: les tatouages n’ont rien perdu de leur popularité alors qu’un Canadien sur quatre en porte un.

Pour les tatoueurs, la question des dessins particulièrement visibles – sur les mains, le cou et au visage - est très importante. Certains, comme Jay Marceau, préfèrent eux-mêmes ne pas en avoir au visage, parce qu’ils en connaissent les conséquences possibles.

«Moi, j'ai choisi de ne pas en avoir dans le visage parce que j'ai deux enfants et je ne veux pas que ça ait un impact sur eux.»

«Un tatoueur professionnel devrait toujours amener son client à réfléchir. Avec la machine vient la responsabilité. La fille de 18 ans et la femme de 25 ans ne sont plus la même personne», souligne le tatoueur de Québec, qui a vu plusieurs professionnels passer sur sa chaise.

Et les limites sont cesse repoussées: un couple de Québécois s’est fait tatouer dans les yeux, malgré le risque important de perdre la vue.

Les mœurs changent, mais la question demeure: qui représente le vrai problème lorsqu’il est question de tatouages visibles? L'employeur ou l'employé?

«Je suis un bon garçon, même si j'ai l'air d'un "bad boy" des fois. C'est juste une apparence», confie Jonathan Perron, un barbier, également musicien, qui arbore fièrement des tatouages au visage, au cou et aux bras.

Pour Arno Trentau, qui veut faire sa place en design de mode, la route est plus difficile. Il est persuadé que ses tatouages de samouraï au visage lui nuisent aujourd’hui dans ses recherches d’emploi.

«On est des êtres humains et on a des sentiments comme tout le monde», conclut-il.