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Conduite avec les facultés affaiblies: l’ex-chef du PQ André Boisclair libéré sous promesse de comparaître

Vers 11 h, jeudi, André Boisclair a été libéré du poste de police du parc Victoria, sous promesse de comparaître au palais de justice de Québec.
Photo Stevens LeBlanc Vers 11 h, jeudi, André Boisclair a été libéré du poste de police du parc Victoria, sous promesse de comparaître au palais de justice de Québec.

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L’ancien chef du Parti québécois André Boisclair, qui avait été arrêté pour conduite avec les facultés affaiblies dans la nuit de mercredi à jeudi dernier, a été libéré sous promesse de comparaître jeudi en fin d'avant midi.

Boisclair est apparu à la sortie du poste de police, affichant une mine sombre et s’engouffrant dans un véhicule sans s’adresser aux journalistes. 

Selon le porte-parole Étienne Doyon, celui-ci pourrait faire face à des accusations de conduite d’un véhicule moteur avec les capacités affaiblies, refus de fournir un échantillon d’haleine, intimidation d’une personne associée au système judiciaire et entrave à la justice.

On lui reproche même d’avoir tenté d’intimider les policiers avec son statut. 

Le principal intéressé a reconnu les faits sur sa page Facebook en fin de journée, jeudi. «Ce qui a été rapporté dans les médias est fondé, j’ai effectivement été arrêté la nuit dernière pour avoir conduit mon véhicule alors que mes facultés étaient affaiblies par l’alcool», a-t-il écrit.

«Ma vie allait bien dans toutes ses facettes. Je dois maintenant composer avec cette nuit du 9 novembre 2017 et tenter d’en réparer les conséquences», mentionne-t-il, en se disant «profondément désolé».

Celui qui a dirigé le PQ de 2005 à 2007 avait été arrêté vers 0 h 35 après avoir embouti son véhicule dans un lampadaire de la rue Saint-Joseph, dans le quartier Saint-Roch à Québec.

Plus tard, au poste de police du parc Victoria, il n’aurait pas obtempéré lorsque les policiers lui ont demandé de souffler dans l’alcotest, et tenté d’intimider des agents avec son statut. 

Vers 11 h, jeudi, André Boisclair a été libéré du poste de police du parc Victoria, sous promesse de comparaître au palais de justice de Québec.
Stevens LeBlanc

Par ailleurs, André Boisclair aurait été transporté au CHUL pendant la nuit, escorté par deux policiers. L’homme semblait affecté, selon nos informations.

L’ancien élu apparaît sur des photographies affichées sur les réseaux sociaux, prises mercredi soir à la Champagnerie, un bar situé près de l’endroit où l’incident s’est produit et où une fête était organisée pour célébrer le premier anniversaire d’ouverture de l’établissement.

André Boisclair, à droite
Photo courtoisie, Les Festifs
André Boisclair, à droite
André Boisclair, à l'arrière à gauche
Photo courtoisie, Les Festifs
André Boisclair, à l'arrière à gauche

En après-midi jeudi, un gérant de l’endroit a brièvement fait savoir au Journal qu’aucun commentaire ne serait émis. «On opère avec la police», a-t-il indiqué sans vouloir se nommer.

Retour en cour

De son côté, la police de Québec a confirmé qu’un individu de 51 ans a fait l’objet d’une arrestation en lien avec ces événements, mais sans dévoiler l’identité du suspect.

Vers 11 h, jeudi, André Boisclair a été libéré du poste de police du parc Victoria, sous promesse de comparaître au palais de justice de Québec.
Stevens LeBlanc

Son dossier sera de retour devant le tribunal le 15 février.

Politiciens sonnés

À l’Assemblée nationale, les élus du Parti québécois et des autres partis se sont avoués déçus par les comportements qui sont reprochés à leur ancien collègue en soulignant qu’il devait faire face à la justice comme tout citoyen. «Il va être jugé. L’alcool au volant, c’est criminel», a laissé tomber Agnès Maltais à l’entrée du caucus de son parti.

Dans sa carrière politique, André Boisclair a multiplié les responsabilités importantes dans les gouvernements péquistes avant d’accéder à la tête de la formation politique lors de la course à la chefferie de 2005. Il avait alors fait face à la controverse en admettant avoir consommé de la cocaïne à quelques reprises alors qu’il était ministre.

Depuis l’été 2016, il est président-directeur général de l'Institut de développement urbain du Québec, qui représente l’industrie immobilière. Jeudi soir, une porte-parole a mentionné que le conseil d’administration de l’organisme avait été «saisi de la nouvelle» concernant André Boisclair et qu’un communiqué serait publié plus tard à son sujet.

— Avec la collaboration de Charles Lecavalier et Dominique Lelièvre

Des réactions

«L’alcool au volant, c’est criminel, peu importe qui est au volant, même si c’est mon ami, même si je trouve ça extrêmement triste.»

— Agnès Maltais, députée péquiste

«Aujourd’hui, en 2017, conduire sa voiture en état d’ébriété, c’est manquer de jugement, ça c’est clair.»

— Éric Caire, député caquiste

«[Ça] peut arriver à n’importe quel citoyen ou citoyenne. [...] Je dis à mes amis, à mes filles, il faut obéir aux lois.»

— Amir Khadir, député solidaire

ANDRÉ BOISCLAIR EN BREF

  •  Élu député du Parti québécois dans Gouin en 1989 à l’âge de 23 ans
  •  A dirigé plusieurs ministères, notamment de l’Environnement et des Affaires municipales dans le gouvernement Landry
  • Chef du Parti québécois de novembre 2005 à mai 2007
  • Délégué général du Québec à New York en 2012-2013
  • PDG, depuis juin 2016, de l’Institut de développement urbain du Québec qui faisait notamment du lobbyisme pour la promotion du SRB à Québec