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Le maudit Stade

GEN-STADE-OLYMPIQUE
Photo Agence QMI, Elizabeth Laplante

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Contribuables, réjouissez-vous !

Le gouvernement vient en effet de donner le feu vert au remplacement du toit du Stade olympique de Montréal.

Coût estimé : entre 200 et 250 millions.

Que vous paierez de vos poches, que vous habitiez Montréal ou pas.

Après tout, chaque Québécois est fier du Stade, non ? C’est un des joyaux de la province !

Un calendrier rempli

Cette décision est d’autant plus avisée que le Stade olympique est hyper fréquenté.

Voici les nombreux événements qui seront organisés au cours des prochains mois dans le Stade.

Novembre : rien.

Décembre : le festival de musique électronique Bass Ship 2017, le 30.

Janvier 2018 : rien.

Février 2018 : rien.

Mars 2018 : deux matches des Blue Jays, les 26 et 27.

Avril 2018 : rien.

Mai 2018 : rien.

Juin 2018 : rien.

Juillet 2018 : rien.

Août 2018 : rien.

Si je me fie au calendrier disponible sur le site officiel des Installations olympiques, au cours des 10 prochains mois, le Stade sera occupé... trois jours.

That’s it, that’s all.

Vous me direz que si le Stade avait un toit digne de ce nom, on pourrait y organiser plus d’événements.

Quels événements ? Des spectacles musicaux ?

Le Stade est l’une des pires places au monde où aller entendre des groupes. L’acoustique est tout simplement épouvantable.

En 1977, j’y suis allé voir Pink Floyd, et je suis sûr que dans certains coins du Stade, on entend encore les échos de ce concert.

La demeure des expos ?

Michel Labrecque, PDG du Stade olympique, a dit que les mythiques Expos pourraient y jouer si jamais l’équipe ressuscitait.

Désolé, mais aucun amateur de baseball sain d’esprit ne souhaite retourner voir les Expos au Stade.

C’est froid, sévère et impersonnel. Comme si on organisait un pique-nique entre deux autoroutes.

Nous sommes en 2017. Les stades de baseball ne sont plus construits à l’extrémité des villes, mais dans leur centre.

C’est ça, le trip, maintenant. Regarder un match de baseball sous les étoiles, au milieu des gratte-ciel. Pas à Pétaouchnok-les-noix ou à Perpètes-les-Oies.

Sœur Sourire, la nouvelle mairesse de Montréal, a accueilli la décision du premier ministre Couillard avec enthousiasme (quelle surprise...), en disant que c’était une excellente nouvelle pour le développement économique de l’est de la ville.

Vous voulez rire ?

Ça fait 41 ans que le Stade est ouvert, et l’impact économique dans le quartier est quasi nul.

Les gens vont au Stade puis repartent, sans s’attarder dans les rues avoisinantes.

Savez-vous ce qui serait bon pour le développement économique de l’est de Montréal ?

Que les anarchistes cessent de vandaliser les vitrines des commerces qui vendent autre chose que des hot dogs et des vêtements usagés.

L’esprit olympique

Le Stade olympique, promettait Jean Drapeau, va s’autofinancer et ses infrastructures feront la joie des sportifs amateurs pour des générations et des générations.

Bien tiens.

Le Vélodrome abrite des pingouins, et le Stade est l’hôte du Salon des animaux domestiques.

Le pire, c’est qu’on n’a pas le choix.

Démolir le Stade coûtera encore plus cher que de le doter d’un troisième toit.

Alors on va le fabriquer. On va défoncer le budget. Et on va payer.

Plus vite, plus gros, plus cher.