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Encore ébranlé par le sauvetage d’un garçon

Un enfant de trois ans a été retrouvé inconscient dans la piscine familiale à Laval

L’agent Mihalis Tsoulfas est toujours marqué par le sauvetage d’un enfant de trois ans à Laval, l’été dernier, sa première intervention d’envergure sur un gamin.
Photo Martin Chevalier L’agent Mihalis Tsoulfas est toujours marqué par le sauvetage d’un enfant de trois ans à Laval, l’été dernier, sa première intervention d’envergure sur un gamin.

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Un gémissement qui sort de sa bouche et ses petits doigts qui bougent. C’est ainsi que le policier Mihalis Tsoulfas a su qu’il venait de sauver de la noyade un garçon de trois ans après plusieurs minutes de manœuvres de réanimation.

« Au nombre de fois où on arrive trop tard... Pendant l’intervention, c’est une des rares fois où j’ai pensé : on va le sauver ! », raconte Mihalis Tsoulfas, policier à Laval.

Le 12 juillet dernier, l’agent de 37 ans patrouillait seul lorsqu’il a entendu sur les ondes qu’un enfant venait d’être retrouvé inconscient dans une piscine résidentielle.

Le petit de trois ans avait échappé à la vigilance de ses parents quelques instants à peine.

À son arrivée, l’agent Tsoulfas a constaté qu’il était le premier intervenant sur les lieux. En sortant de son auto-patrouille, il a été marqué par l’attroupement devant la maison, une trentaine de voisins alertés par les cris de détresse de la mère de l’enfant.

Puis, il a aperçu le garçon au sol. Le policier s’est immédiatement précipité sur lui.

« Il est torse nu, sa peau est bleutée. Il n’y a plus de battements de cœur, il ne respire pas », se souvient le policier.

Il a immédiatement effectué des compressions thoraciques avec vigueur.

« Je pompais. C’est tout ce que je faisais, pomper. Et je me croisais les doigts pour être arrivé au bon moment, assez vite », raconte-t-il.

Longues minutes

Aidé d’une voisine, il a poursuivi ses manœuvres pendant quelques minutes, « les plus longues de [sa] vie », jusqu’à ce que ses collègues Jonathan Fisette et Simon Lévesque arrivent en renfort. L’un d’eux l’a ensuite assisté en envoyant de l’air dans la bouche du garçon, pendant qu’il continuait les pressions sur le petit thorax.

Peu après, les ambulanciers ont pris la relève, puis ils ont emmené l’enfant à l’hôpital.

« Juste avant qu’ils ne partent, j’ai vu les doigts du petit gars bouger. Puis je l’ai entendu chigner. J’ai eu de gros frissons », souffle l’agent Tsoulfas.

Ses espoirs d’avoir sauvé le garçonnet étaient grands. C’est à l’hôpital qu’il a eu la confirmation qu’il avait réussi.

« Un des médecins est venu me voir et m’a dit : “Vous l’avez sauvé !” » raconte-t-il.

Malgré tout, le policier n’avait pas l’esprit en paix. Il craignait en effet que le petit garde des séquelles physiques ou neurologiques.

« Je n’ai pas dormi pendant trois jours, jusqu’à ce qu’on m’annonce que le petit gars était en parfaite santé », ajoute le policier, visiblement ému.

« Encore des frissons »

Lui-même père d’un jeune enfant, il avoue avoir été marqué par cet accident.

« C’est la première fois que j’intervenais sur un enfant. Parfois, je passe devant la maison et j’ai encore des frissons », lance-t-il.

Alors qu’il patrouillait dans ce secteur quelques semaines après l’intervention, l’agent a aperçu la mère de l’enfant devant sa résidence et il s’est arrêté. La femme l’a immédiatement reconnu.

« Elle a pleuré dans mes bras », raconte-t-il. Mais ce qui l’a le plus touché, c’est lorsqu’il a pu prendre le petit dans ses bras.

« J’étais fier. Ce genre d’intervention, ça fait partie de la job, mais ce n’est pas ordinaire », dit-il.

Et même s’il s’avoue touché que le Gala des prix policiers ait pensé à lui remettre un prix, il insiste pour dire qu’il n’a fait « que son travail ».