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Montréal: un nouvel outil pour aider les gens en quête de contenants consignés

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Facebook | Coop Les Valoristes

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Un nouveau crochet qui permet de placer devant chez soi des sacs servant à récupérer les contenants consignés vient en aide aux quelque 2000 personnes qui fouillent les ordures de Montréal pour récupérer des bouteilles de bière ou autres canettes de boisson gazeuse.

«Ça nous évite de tomber sur des seringues, des vitres cassées», a indiqué Pauline, une travailleuse autonome qui ramasse depuis trois ans des bouteilles vides pour arrondir ses fins de mois. Elle préfère taire son nom pour éviter des répercussions sur un éventuel contrat. «Ça nous aide à aller plus vite», a-t-elle ajouté.

Encore victimes de nombreux préjugés, ces travailleurs démunis, qui seraient environ 2000 à Montréal selon la Coopérative Les Valoristes, sont des hommes et des femmes qui éprouvent de la difficulté à intégrer le marché du travail, souvent atteints de problèmes de santé physique et mentale. Pour récolter les matières réutilisables et recyclables, ils doivent se pencher continuellement pour fouiller bacs de recyclage et poubelles, en plus de devoir affronter la météo pas toujours clémente.

Le crochet La Consigne, J’accroche – vendu 15 $ – peut être fixé sur une barrière, un mur ou une clôture. Un sac rempli de contenants consignés peut ensuite être déposé sur le crochet en acier inoxydable.

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COURTOISIE/XANDRA STEFANEL

 

Cela fait chaud au cœur de Pauline lorsqu’elle voit des résidents mettre de côté un sac de consignes. «C’est comme un bonhomme sourire. Ces gens ont pensé à nous, ils aident une personne directement», a-t-elle dit.

Les quelques dollars supplémentaires obtenus grâce à la collecte lui sont nécessaires pour acheter de la nourriture. «On en a besoin, tout est tellement cher, c’est difficile de joindre les deux bouts», a-t-elle avoué.

Pauline consacre en moyenne entre trois et quatre heures par collecte quelques soirs par semaine. «Ça dépend de la période de l’année et de la température, a-t-elle relaté. Les mois de janvier à avril sont plus durs.»

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«La collecte se fait souvent entre minuit et 7 h du matin. Suspendre les sacs à un crochet, ça permet de réduire les désagréments», a précisé Nicolas Montpetit, directeur du Regroupement des éco-quartiers. L’initiative La Consigne, J’accroche s’inspire du Binners' Project, un crochet similaire mis en place à partir de 2014 à Vancouver, en Colombie-Britannique. Lancée en septembre, la version québécoise a permis de vendre à ce jour environ 70 crochets, qui sont fabriqués par Formetal, une entreprise montréalaise de réinsertion sociale et professionnelle.

«C’est un geste de solidarité fait par les Montréalais pour aider les valoristes, et ça aide à améliorer leur acceptation sociale», a dit Nicolas Montpetit.

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COURTOISIE/XANDRA STEFANEL

Même son de cloche du côté de la Société de développement social, qui essaie d’implanter le crochet auprès des entreprises. «C’est un geste tout simple pour aider ces personnes-là. J’ai commencé à faire le calcul, et je permets à la personne qui amasse mes contenants de récolter entre 30 et 50 $ par mois», a indiqué son directeur général, Émile Roux.

En plus d’aider les gens dans le besoin, l’initiative a des vertus écologiques. Selon la Société de développement social, l’équivalent de 28 millions $ de consignes finit aux poubelles tous les ans. La consigne permet de recycler à 100 % les contenants de bière et de boisson gazeuse.

On peut se procurer le crochet La Consigne, J’accroche en ligne ou auprès des bureaux du journal «L’Itinéraire». On peut aussi le récupérer dans l’un des éco-quartiers participants.